Chronique du jour : SOIT DIT EN PASSANT
«Lotfi à La Casbah d’Alger»* !


Par Malika Boussouf
[email protected]
Elle a longtemps hésité avant de se laisser tenter par l’aventure. Avant de prendre le taureau par les cornes et d’ajouter une corde à son arc. Celle qui fait qu’aujourd’hui on peut dire d’elle qu’elle contribue, à sa manière, à élever le niveau des enfants en mal d’histoires qui éduquent et qui, au détour d’une ruelle étroite, se révèlent aussi éducatives que plaisantes.
Il y a si peu d’occasions de voir les enfants mis à la une que l’on ne boude pas le plaisir d’aller humer l’air autrement. Lorsque je pense au réconfort que pareil ouvrage apporte à un enfant mais aussi à des parents soucieux du bien-être de leurs enfants, je pense, aussi, à toute cette jeunesse en devenir à laquelle on voudrait confisquer une part de son histoire.
A ces petits garçons et petites filles dont on travaille à amputer la progression de ce qui contribue à leur épanouissement. Parler de livres pour enfants et louer l’intérêt que leur portent d’autres parents. Parce qu’il y a quand même des parents inquiets de ce qu’on l’on voudrait faire de leurs enfants et qui donc s’investissent totalement dans leur éducation. Lotfi a un papa comme on en souhaite à tous les petits Algériens, trop jeunes pour comprendre que, dans la vie, la mosquée ne comble pas systématiquement les lacunes du système éducatif dont elle préfère, d’ailleurs, encourager l’effondrement. Une première visite de la Casbah, de ses ruelles étroites, de ses murs blanchis à la chaux par un illustrateur qui a redonné du lustre à ses échoppes voulues ouvertes sur le monde extérieur. Meriem Guemache, dont j’ai bien du plaisir à suivre la progression, a réussi son pari. Les balades du petit Lotfi, son héros, dans un univers dont il ne soupçonnait pas l’existence laissent entendre qu’elles ne sont pas finies. Elle est là l’intelligence de l’auteure. Celle de s’ouvrir sur un monde abandonné. Valoriser le patrimoine et tirer la sonnette d’alarme sur tous ces petits métiers qui font l’âme d’un pays et qui, en disparaissant, emportent avec eux ce qui alimente la mémoire et contribue à faire battre les cœurs.
M. B. 

* Lotfi à La Casbah d’Alger par Meriem Guemache, éditions Casbah 2017





Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2017/11/25/article.php?sid=220393&cid=8