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Actualités : Oran
De dénonciateur de corruption à accusé de divulgation de secrets d’entreprise


Hier, Noureddine Tounsi, qui avait dénoncé une facturation de complaisance au détriment des intérêts de l’entreprise et du Trésor public, et des traitements de faveur au profit de l’ETRHB, entre autres, est intervenu au niveau du siège de la ligue des droits de l’homme à Oran, en tant que coordinateur du Comité national de défense des dénonciateurs de la corruption afin d’alerter l’opinion mais aussi d’interpeller le président de la république sur la non-protection de ces dénonciateurs de corruption. Mais surtout l’incitant à intervenir auprès des ministres de la justice et des transports, afin d’ouvrir une enquête approfondie dans l’affaire qu’il a lui-même dénoncée.

Amel Bentolba — Oran — (le soir) - Ce que l’intervenant déplore, c’est bien, dit-il, la situation confuse dans laquelle se retrouvent tous les dénonciateurs de corruption en Algérie. «Depuis la création de ce comité national de défense des dénonciateurs de corruption, j’ai eu beaucoup d’appels téléphoniques de la part de plusieurs personnes de Constantine, de Annaba, de Aïn-Defla, où des gens ont dénoncé, alors qu’ils étaient en fonction, des faits de corruption. Mais ils n’ont pas trouvé d’application réelle de la loi qui dit protéger tous ceux qui dénoncent la corruption. Ils se retrouvent pour la plupart licenciés, harcelés ou bien poursuivis en justice comme c’est mon cas.» Pour M. Tounsi, ces lois censées les protéger en tant que dénonciateurs de corruption, ce ne sont là que des propos politiques pour la consommation médiatique et publique ni plus ni moins.
Pour le conférencier, son intervention d’hier a pour but d’évoquer les suites de l’affaire qu’il a dénoncée de soupçons de corruption et de mauvaise gestion au port d’Oran qui, dit-il, au lieu d’avancer par l’ouverture d’une enquête approfondie, il se retrouve accusé dans deux affaires. «Cette semaine, j’ai comparu devant le juge d’instruction au niveau de la chambre 9, du tribunal d’Oran, pour les motifs d’outrage et de révélations calomnieuses. Ces accusations font suite à mon intervention lors d’une émission sur une chaîne algérienne où je dénonçais cette affaire de corruption et où j’interpellais les ministres de la justice et des transports.»
L’intervenant ne comprend pas que dans le code de procédure pénale, l’article 69/19 censé protéger tous les dénonciateurs de corruption ne soit pas appliqué. «Le jour où il a été publié sur le Journal officiel, c’était pour nous donner des garanties et nous dire allez-y, déposez plainte contre la corruption, on est là pour vous couvrir, Tayeb Louh le déclarait lui-même. Nous, nous avons dénoncé, preuve à l’appui, et rien ne se passe.»
La seconde affaire pour laquelle M. Tounsi est accusé, suite à sa dénonciation de corruption, est celle d’avoir divulgué des secrets d’entreprise. «Une accusation qui contient en elle-même 50% de la réponse, cela veut dire qu’ils reconnaissent qu’il y a des secrets, moi je dirai plutôt, ils reconnaissent qu’il y a corruption. Il s’agit de l’affaire ‘’d’omra et hadj’’ pour laquelle je demande l’ouverture d’une enquête.» Dernier recours pour le coordinateur du comité national de défense des dénonciateurs de corruption, c’est celui d’interpeller le président de la république afin qu’il demande des comptes au ministre des transports. «Pourquoi, à ce jour, M. Zaâlane n’a pas ouvert une enquête au niveau du port d’Oran ? Pourquoi, à ce jour, il n’a jamais osé demander à voir les documents que j’ai en ma possession ? Ni intervenu pour ma réintégration après mon licenciement étant couvert par la loi pour avoir dénoncé une corruption ?»
A. B.

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