Actualités : Oran
Marche des étudiants de l’ENS et sit-in du syndicat du Cnapeste


Oran avait rendez-vous, hier, avec deux mouvements de protestation, celui des étudiants de l’Ecole normale supérieure en grève depuis treize semaines et celui du Cnapeste qui conteste «les pressions et les intimidations». Organisés séparément, une marche pour les uns et un sit-in pour les autres, à un moment de la contestation, les deux mouvements de protestation se sont retrouvés face à face devant la direction de l’académie. Un point en commun les a réunis : leur colère contre la ministre de l’éducation.
Amel Bentolba - Oran - (Le soir)
- A l’instar de leurs collègues des wilayas de l’Est et du centre, hier, ils étaient des dizaines d’étudiants de l’ENS des wilayas d’Oran, de Mostaganem et de Laghouat, à se rassembler au niveau de la place du 1er-novembre (ex-place d’armes) pour entamer par la suite une marche de contestation.
Fait inédit, le parcours des marcheurs étroitement encadré par les forces de police, a eu «la permission» de se rendre vers leur point de rassemblement final, le siège de la wilaya d’Oran, en empruntant la principale artère du centre-ville, la rue Larbi-Ben M’hidi. Une artère qui n’a pas connu d’action de protestation autorisée depuis des années. Un fait qui n’a pas manqué d’attirer les passants et d’intriguer les citoyens qui ont tenu à immortaliser «cet évènement» en filmant la scène.Les étudiants, quant à eux n’ont pas été impressionnés et n’avaient en tête que leur ras-le-bol de se voir, disent-ils, ignorés par Mme la ministre de l’Education. «A travers toutes ses déclarations médiatiques Mme Benghabrit n’évoque qu’une partie de nos revendications, à savoir qu’elle nous accorde la priorité dans le recrutement. Le second volet important et auquel nous tenons, c’est l’application de l’article 4. A savoir que chaque diplômé de l’ENS est recruté automatiquement et dans sa wilaya d’origine.» Même si les revendications scandées évoquaient l’article 4 et son importance, les contestataires n’ont de cesse d’appeler les deux ministères à «s’entendre et régler le problème de l’ENS». La majorité des slogans demandaient le départ de la ministre de l’Education, allant jusqu’à l’accuser d’avoir gâché les 4 ans d’études de ces étudiants qualifiant le ministère de l’éducation de «haggar».
Arrivés au niveau de la direction de l’académie, quelques heures auparavant, les enseignants affiliés au Cnapeste et d’autres venus en soutien à titre indépendant observaient un sit-in pour protester, nous expliquent-ils, à l’instar de leurs collègues à travers toutes les autres wilayas, contre «les décisions arbitraires prises par la ministre, par des mesures de radiation et de menaces. A présent, nous ajoutons une autre revendication, celle de la dignité de l’enseignant ; certains cumulent plus de 25 ans d’expérience et on vient lui interdire le droit de revendiquer alors qu’il est dans son droit et dans la légalité.» Pour les contestataires, à ce jour, aucune radiation n’a été enregistrée et aucun enseignant n’a accepté de signer les mises en demeure. S’agissant de la mesure d’interdire l’accès des enseignants grévistes à leurs établissements, le représentant de wilaya nous affirme que depuis dimanche, aucun enseignant n’a été empêché et qu’il ne s’agit là que de «simples menaces».
Au moment du passage des étudiants de l’ENS, les contestataires se sont salués, les uns ont poursuivi leur sit-in et les autres ont continué leur marche vers le siège de la wilaya. Une marche qui s’est terminée par un sit-in sur place.
Au terme de cette action le porte-parole des étudiants de l’ENS nous dira qu’ils comptent maintenir leur mouvement de protestation qui tend même à se radicaliser, nous confie-t-il. «Nous ne baisserons pas les bras ni n’arrêterons la grève, nous irons même jusqu’à entamer une grève de la faim d’ici la semaine prochaine.»
A. B.



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