Actualités : ILS SE SONT RASSEMBLÉS HIER AU CENTRE D’ALGER
Le coup de force des résidents


Les médecins résidents sont passés outre l’interdiction de marcher à Alger. Ils étaient, hier, plusieurs centaines à se rassembler au niveau de la Grande-Poste. Les plus téméraires ont marché jusqu’à l’APN au moment où la commission examinait le projet de loi sur la santé. Le président de l’APN a reçu une délégation de résidents promettant de faire l’intermédiaire avec le Premier ministère. Bien que toléré, le rassemblement a été ponctué par des échauffourées entre forces de l’ordre et manifestants.
Nawal Imés - Alger (Le Soir)
- Le Collectif autonome des médecins résidents (Camra) a décidé de porter la protestation dans la rue. Jusque-là confinés dans les CHU, les résidents se sont donné rendez-vous à la Grande-Poste. Plusieurs centaines d’entre eux ont réussi à déjouer les barrages filtrants pour rejoindre le lieu du rassemblement. Dans un premier temps, les résidents avaient fait croire qu’ils se rassembleraient à l’intérieur du CHU Mustapha comme d’habitude avant de rejoindre par petits groupes la Grande-Poste où un imposant dispositif de sécurité a été déployé. Dès dix heures du matin, le ton était donné : les premiers contestataires étaient déjà sur place scandant des slogans et entourés par un important cordon de sécurité. Pendant ce temps, un deuxième groupe était rassemblé face à l’APN.
Les plus téméraires ont réussi à échapper au cordon sécuritaire et à marcher de l’APN jusuqu’à la Grande-Poste. Nullement impressionnés par le déploiement inédit de policiers, les médecins résidents ont crié leurs revendications et tenté plusieurs fois de briser le cordon de sécurité pour entamer une marche. Après deux heures de face-à-face avec les policiers, un important groupe de résidents a réussi à forcer le passage et à courir vers la rampe Ali-Boumendjel. Grand moment de tensions et bousculades. Des médecins sont à terre. Leurs camarades huent les policiers et scandent «Pacifique, Pacifique».
Les policiers commencent à ne plus tolérer la présence de la presse. Les photographes font l’objet d’une étroite surveillance. Pendant ce temps, Boulevard Zighoud-Youcef, un autre groupe de résidents est rassemblé face à l’APN. Là aussi, le dispositif de sécurité est impressionnant. Tout comme leurs camarades rassemblés à la Grande-Poste, ils scandaient des slogans appelant à l’abrogation du service civil et de la loi sur la santé. Au même moment, la commission de la santé au sein du Parlement examinait ledit texte.
Les médecins résidents ont demandé à être reçus par son président. Ce dernier a refusé de rencontrer des délégués du Camra. Membre de ladite commission, la députée Karima Chouiter était aux côtés des manifestants, estimant «immoral» de prendre part aux travaux de la commission alors que les résidents sont dans la rue. Ramdane Taâzibt, également député du Parti des travailleurs, a tenté de jouer le médiateur entre les manifestants et les membres de la commission.
En fin de journée, son président était toujours opposé à l’idée de discuter avec les contestataires mais le président de l’APN semblait disposé à recevoir une délégation des résidents. En début d’après-midi, les résidents étaient toujours rassemblés au niveau de la Grande-Poste dans un face-à-face qui semblait interminable avec les forces de l’ordre. Un grand nombre d’entre eux ont été forcés de monter dans des bus qui les ont conduits loin du lieu du rassemblement.
Après le refus du président de la commission santé de les recevoir, c’est finalement le président de l’APN qui a reçu une délégation du Camra, promettant de jouer les intermédiaires avec le Premier ministère au moment où la situation semble totalement bloquée et que le spectre de l’année blanche plane.
N. I.



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