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Ce monde qui bouge

11e mois du Hirak, dialogue et cyber-violence

Publié par Hassan Zerrouky
le 16.01.2020 , 11h00
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Alors que le Hirak entre dans son 11e mois, la décantation attendue n’a pas encore eu lieu. S’il est admis que l’Algérie ne peut plus être gouvernée comme avant le 22 février, il n’en reste pas moins que le système politique hérité de Bouteflika, et certaines de ses pratiques comme les interpellations de journalistes, lui a survécu. Le Parlement et ses élus, les ex-partis de l’Alliance présidentielle qui ont soutenu avec ostentation le 5e mandat sont toujours là. Aussi cette majorité d’Algériens qui a boudé l’élection présidentielle a-t-elle le sentiment que les lignes n’ont pas bougé, et continue de sortir les vendredis et mardis. 
Quoi qu’on en pense, force est de constater que le Hirak fait montre d’une ténacité qui dément ces commentaires prédisant son érosion et son essoufflement. Les arguments n’ont pourtant pas manqué. Le Ramadhan d’abord. N’a-ton pas claironné que le Hirak ne résisterait pas à l’épreuve du jeûne ? N’a-t-on pas aussi affirmé qu’il ne passerait pas le cap de l’été, arguant qu’avec les vacances scolaires, les grandes chaleurs de l’été, la plage et la ruée sur les côtes tunisiennes – quelques deux millions d’Algériens s’y sont rendus – le Hirak ne mobiliserait au mieux que quelques centaines d’irréductibles ?  Enfin, il y a ceux qui nous ont prédit qu’après le 12 décembre, le Hirak, qui selon eux était déjà dans une phase de déclin, rendrait l’âme après l’élection présidentielle ! 
Le fait est qu’il n’en a rien été et c’est cette donnée qui semble inspirer la démarche d’Abdelmadjid Tebboune qui sait que le processus de sortie de crise sera long et que les Algériens ne se satisferont pas d’un simple ravalement de façade du système, même avec le consentement de certains opposants politiques. C’est sans doute dans l’esprit de sortir le plus vite de l’impasse politique actuelle qu’il a entrepris des consultations au pas de charge avec des personnalités connues pour être solidaires des revendications du Hirak et qui s’étaient positionnées ou ont exprimé leurs doutes contre le scrutin du 12 décembre. 
C’est ainsi qu’il a reçu tour à tour Ahmed Benbitour, Abdelaziz Rahabi, Mouloud Hamrouche, Soufiane Djilali. Tous lui auraient fait part des préalables à satisfaire pour débloquer la situation. Et d’après Soufiane Djilali, Abdelmadjid Tebboune a promis de libérer tous les détenus d’opinion. Quand ? 
Avant le lancement de ces consultations, n’aurait-il pas été plus judicieux de commencer par libérer le reste des détenus d’opinion dont Karim Tabbou, Fodhil Boumala, Samir Belarbi et Abdelwahab Fersaoui, mettre fin à la répression, libérer les espaces d’expression et de réunion, geler certaines dispositions du code pénal concernant la liberté de la presse et qui sont contraires à l’article 50 de la Constitution, stipulant que le délit de presse ne peut être sanctionné par une peine privative de liberté… C’est trop demander ?  Sinon comment veut-on créer les conditions d’un rétablissement de la confiance entre un pouvoir élu dans les conditions que l’on sait et cette majorité des Algériens qui a boudé les urnes ?  
Quant à la révision constitutionnelle confiée à un groupe d’experts dont les conclusions serviront de base pour une large consultation, est-elle la réponse idoine face à la crise que traverse le pays ? Echaudés par les expériences passées de révision constitutionnelle sous l’ère de Bouteflika où tout était décidé par avance, les Algériens ont toutes les raisons de regarder avec suspicion un tel processus.  
Un mot sur la décision de criminaliser le discours de haine, cette cyber-violence à laquelle on a assisté depuis juin dernier. Il faut le faire. Cette cyber-violence a ciblé des femmes et des figures du Hirak, n’épargnant ni des vétérans de la guerre de Libération nationale comme Lakhdar Bouregâa ni des figures du mouvement national comme Abane Ramdane quand ce n’est pas toute une région, la Kabylie en l’occurrence, qui est visée.  Cette cyber-violence s’est même traduite par des agressions à Oran, Tlemcen, Annaba, Bordj-Bou-Arréridj… 
Certes, Rabah Drif, ex-directeur de la Maison de la culture de M’sila, a été placé en détention provisoire pour atteinte à la mémoire d’Abane Ramdane. Mais il y en a d’autres, dont une députée connue de tous les Algériens, sans compter ces chaînes TV privées qui ont amplifié ce discours de haine, et qui ont joué impunément avec l’unité nationale, et ce, alors que l’Algérie est confrontée à de vraies menaces à sa frontière est.
H. Z.

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