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Ce monde qui bouge

Élections, Grande Mosquée, Libye (suite), Miss Maroc

Publié par Hassan Zerrouky
le 25.11.2021 , 11h00
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La Grande Mosquée d’Alger, qui a fait couler beaucoup d’encre sous Bouteflika, a remporté le Prix annuel du musée Chicago Athenaeum d'architecture et de design et du Centre européen pour l'architecture. Mais à qui revient en fait ce prix et qui va en tirer profit ? Certainement au groupe allemand d’architectes KSP Jürgen Engel Architekten GmbH, qui a conçu le projet et qui, business oblige, va mettre à profit cette récompense pour glaner d’autres marchés dans le monde islamique et ailleurs ! C’est lui le vrai gagnant ! Et accessoirement, l’entreprise chinoise China State Construction Engineering (CSCEC), qui a construit la mosquée selon les plans du concepteur allemand, et ce, bien qu’elle se soit fait tirer les oreilles pour les retards enregistrés dans les travaux. Elle aussi pourra en tirer un profit commercial. 
Quant au coût réel de ce projet voulu par le défunt Président, autour, dit-on, de plus de deux milliards de dollars, chacun sait – ce n’est pas un secret défense — que des projets socioéconomiques ont été gelés en raison d’un prix du baril au plus bas, pour financer la finalisation du projet de la Grande Mosquée. D’autant que son inauguration devait couronner le 5e mandat auquel postulait A. Bouteflika, avant qu’il y renonce sous la pression du Hirak, première saison. 
Sans doute fallait-il doter Alger d’une belle mosquée, mais pourquoi n’avoir pas opté pour un projet moins coûteux afin de permettre, entre autres, de dégager de l’argent pour financer la restauration de La Casbah d’Alger qui est en train de tomber en ruine, mais aussi de La Casbah de Constantine, de Béjaïa et autres lieux de mémoire islamique, berbéro-punique et romaine, qui font partie d’un riche patrimoine architectural à sauvegarder. Sinon, à quoi servirait de parler du passé de l’Algérie, que certains nous dénient, si on laisse le temps en effacer les traces.  
Élections locales. En général, les élections locales sont l’objet d’une compétition entre différents acteurs ayant pour enjeu la gestion de la commune, le cadre et la qualité de vie du citoyen – école, habitat, santé, voirie et routes, eau, électricité, gaz, culture et loisirs…C’est, en résumé, une confrontation de projets soumis au vote des électeurs qui choisiront en dernier ressort les plus aptes à gérer pendant cinq ans la commune. Mais alors d’où vient le désintérêt des électeurs pour ces élections locales ? Outre le fait qu’elles sont à leurs yeux sans enjeu réel, elles sont perçues par le plus grand nombre comme une sorte de formalité administrative destinée à renouveler les équipes en place. Et le fait que les candidats en lice n’ont aucun parcours militant politique ou associatif, mais plutôt un parcours administratif, ajoute à ce désintérêt populaire. 
Libye. Déjà 98 candidats, dont deux femmes, inscrits pour l’élection présidentielle du 24 décembre. Derniers en date, après Seïf el-Islam Kadhafi et le maréchal Khalifa Haftar : Béchir Saleh, l’ex-argentier et conseiller de Mouammar Kadhafi, parrainé, dit-on, par Abou Dhabi, et le Premier ministre libyen par intérim Abdelhamid Dbeibah, soutenu par Ankara, qui théoriquement aurait dû démissionner de son poste trois mois avant de se porter candidat ! Mais on est en Libye, pas en Suède ou en Espagne ! Un scrutin qui, soit-dit en passant, se déroulera sous l’œil des parrains de la Libye, parrains turcs, émiratis, russes et français, lesquels disposent de quelque 20 000 mercenaires sur le terrain. Et ça, le moment venu, ça peut peser !  
Quid de Miss Maroc ? Au pays de Mohammed VI, une pétition a été lancée en ligne, pour déchoir de sa nationalité la nouvelle Miss Maroc, Kawtar Benhalima, 22 ans, coupable d’avoir révélé ses origines algériennes, et non parce qu’elle va se rendre en Israël représenter le Maroc au concours de Miss Univers ! Oubliée la cause palestinienne ? Sans doute que non. Reste cependant que personne au Maroc ne lui a demandé d’y renoncer en signe de solidarité avec les Palestiniens ! Une chose est sûre, le cas de Miss Maroc est sans doute symptomatique des dérives chauvinistes et haineuses que son affaire a suscitées sur la Toile. 
Mais plus préoccupant que cette affaire est le soutien apporté lundi dernier par Washington au plan d'autonomie du Sahara Occidental prôné par le Maroc. Un appui qui est intervenu à la veille de la visite du ministre de la Défense israélien Benny Gantz au Maroc, une visite visant à renforcer la coopération sécuritaire israélo-marocaine en pleine tension entre Alger et Rabat. Tout cela ne sent pas bon…
H. Z.

 

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