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Ce monde qui bouge

Le Mexique, si loin, si près…

Publié par Hassan Zerrouky
le 05.07.2018 , 11h00
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Pourquoi le Mexique et quel rapport avec l’Algérie ? Avant d’y répondre, précisons, comme dans les génériques de films, que toute ressemblance avec des partis politiques et des pays existants n'est que pure coïncidence.
Dimanche passé, il s’est produit une petite révolution au pays de Frida Kahlo et de son mari le peintre Diego Rivera, et du prix Nobel de littérature (1990) Octavio Paz : en élisant un candidat de gauche, Andres Manuel Lopez Obrador dit Amlo, 64 ans, président de la République avec un score de 53%, les électeurs mexicains ont mis fin au règne du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), un parti se réclamant de la révolution de 1910, héritier du PNR (Parti national révolutionnaire) et qui, depuis 1929, a dirigé presque sans discontinuité le Mexique. Une victoire obtenue au prix de la campagne électorale la plus sanglante que le Mexique ait connue : 145 hommes politiques et candidats aux élections locales ont été assassinés.(1) 
Lassés par une corruption qui gangrène le régime et les institutions, la gabegie, une violence endémique (plusieurs dizaines de milliers de morts depuis 2006), la terreur que font régner les cartels de la drogue, une majorité de Mexicains, bravant la peur, ont été séduits par les promesses du candidat de gauche afin d’y mettre fin. 
Lopez Obrador, qui, par deux fois, a échoué à l’élection présidentielle, une première fois en 2006 et une seconde en 2012, s’est engagé à s’attaquer au «néolibéralisme qui a, selon lui, déclenché la plus colossale corruption de l'histoire du pays, à réduire les inégalités sociales dans un pays où 64% des richesses sont détenues par 10% de la population et où plus de 4 Mexicains sur 10 vivent sous le seuil de pauvreté, à augmenter le salaire minimum, offrir des bourses aux étudiants, une éducation et une santé gratuites, diminuer de moitié les revenus des hauts fonctionnaires... et combattre les cartels de la drogue qui jouissent de complicités au niveau de la police et des institutions. 
Pour financer son programme, il s’est dit décidé à récupérer l’argent des corrompus, estimé à plus de 21 milliards de dollars, et à mettre fin aux projets de prestige comme le nouvel aéroport de Mexico (plus de dix milliards de dollars) dont le Président sortant voulait confier la réalisation à ses amis milliardaires, et qui sont financés avec des fonds publics, à savoir avec l’argent des contribuables. Et pour ce faire, l’ancien maire de Mexico (2000-2005) dispose du soutien de partis très actifs sur le terrain, disposant d’un vrai ancrage populaire, allant des communistes aux dissidents du PRI qui fut un parti de gauche avant de virer à droite dans les années 2000, une société civile dynamique et les syndicats… surtout qu’il lui faudra compter avec son puissant voisin, les USA, dirigés par l’imprévisible Donald Trump. 
Elu pour un mandat unique de six ans non renouvelable – au Mexique, il n’y a ni deuxième ni troisième mandat présidentiel – et de ce fait, la comparaison avec l’Algérie s’arrête là, Amlo va présider durant six ans, pas une année de plus, un pays disposant néanmoins de vrais atouts. 
Membre du G-20 et de l’OCDE, avec un PIB de 1 250 milliards de dollars, huit fois supérieur à celui de l’Algérie, le Mexique est la 15e puissance économique mondiale pour une population de 127 millions d’habitants. Un pays où avec près de 40 millions de visiteurs étrangers par an, le tourisme est la troisième source de devises après l'industrie automobile et les envois d'argent des Mexicains émigrés. Un pays, qui revient de loin, encore sous le choc de la crise de 1982 où il était alors en cessation de paiement, avec des réserves de change alimentées par l’argent d’un pétrole en voie d’épuisement, fondant comme neige au soleil, et où la corruption, l’enrichissement illicite, la répression, et le pillage impérialiste ont fait le reste. 
Aujourd’hui, bien qu’étant un pays émergent, il n’est certes pas tiré d’affaire, mais il suffirait – plus facile à dire qu’à réaliser – d’une répartition équitable du revenu national pour améliorer le sort du plus grand nombre et pour qu’une croissance poussée par la demande intérieure reparte. 
Bonne fête du 5 Juillet à tous
H. Z. 

(1) Le Mexique est une république fédérale composée de 32 Etats – son nom officiel est les Etats-Unis mexicains – où l’élection présidentielle, les élections législatives et sénatoriales ont lieu le même jour. 

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