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Ce monde qui bouge

Petit détour par la présidentielle

Publié par Hassan Zerrouky
le 07.02.2019 , 11h00
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La photo illustrant l’article du Monde.fr sur l’Algérie, parle d’elle-même. Devant un portrait du Président Bouteflika, les quatre représentants des partis de la coalition au pouvoir, Amara Benyounès, Ahmed Ouyahia, Amar Ghoul et le tout nouveau Moad Bouchareb (FLN), sont tout sourire : ils affichent une satisfaction à peine dissimulée comme s’ils venaient de jouer un tour malicieux à leurs adversaires. Ne viennent-ils pas de mettre fin à un vrai-faux suspense en annonçant leur soutien à la candidature d’Abdelaziz Bouteflika pour un 5e mandat ?
Quoique le Président-candidat n’ait pas encore fait part de ses intentions, c’est comme si c’était fait. Nul besoin qu’il fasse «une campagne physique», son état ne le lui permettant pas, a expliqué Ahmed Ouyahia. Les Algériens «connaissent son projet et savent ce qu’il a réalisé», a-t-il ajouté ! Il peut donc faire l’économie d’une campagne électorale longue, éprouvante et épuisante. 
Reste, cependant, qu’il a jusqu’au 3 mars pour déposer en personne son dossier de candidature au Conseil constitutionnel, une institution laquelle on ne sait pas encore qui va la présider après le décès de son président Mourad Medelci le 28 janvier dernier. 
En attendant que la situation se décante, les prétendants à la candidature ne manquent pas. Près d’une centaine d’après certains médias. Ce qui a eu pour effet d’agacer M.Ouyahia, pour qui les images de ce grand nombre de postulants s’exprimant le plus sérieusement face aux caméras des télés privées, «étaient douloureuses» ! L’un d’eux n’a-t-il pas affirmé qu’il était lui-même «un programme», un autre n’a-t-il pas promis des steaks à tous les Algériens parce que lui-même en est friand ? 
Et si Ouyahia n’est pas contre la candidature du général à la retraite Ali Ghediri, il n’en a pas moins ajouté que «c'est le Conseil constitutionnel qui tranchera en dernier ressort». Autrement dit, l’ex-général pourrait subir le sort de Rédha Malek en 1994 ou celle de Sid-Ahmed Ghozali en 1999, dont les candidatures n’avaient pas été validées par le Conseil constitutionnel faute de n’avoir pas récolté le nombre de signatures exigées par la loi. Ali Ghediri, en tout cas, a laissé entendre que des pressions ont été exercées sur des citoyens afin de les dissuader de signer en sa faveur.  
«Je pars pour gagner», a déclaré l’ex-général sur TSA. Un vrai soldat quoi ! Sûr de lui, faisant montre d’assurance et de détermination, se disant prêt au sacrifice suprême, avant de «descendre» en quelques mots le bilan du Président sortant, l’homme sait ce qu’il veut. «Où est l’Algérie forte et digne», s’est-il demandé. «Sur le plan économique (…) c’est la planche à billets qui fait fonctionner le pays. Y a-t-il eu de grandes réalisations économiques ? Sommes-nous sortis de l’économie de la rente ? A-t-on produit et exporté autre chose que le pétrole ?» Même tonalité concernant la place de l’Algérie sur la scène régionale et internationale, en particulier les rapports avec le Maroc, la France, l’Afrique et le monde arabe. 
Si sa candidature est validée, réussira-t-il son pari : créer un déclic au sein d’une opinion publique en attente de changement, mais qui ne croit plus aux promesses ? A voir. S’il échoue, il pourra toujours dire un jour à ses petits-enfants : «J’ai tenté de faire bouger les choses.» S’il réussit, il sera attendu au tournant. 
Et ceux parmi l’opposition qui pensent savoir de quoi il en retourne, ont choisi la voie la plus sûre : la non-participation, ou le boycott d’un scrutin, joué par avance selon eux. Eux aussi diront, quelques années plus tard, à leurs petits-enfants : «Allah ghaleb, on a fait ce qu’on a pu». 
H. Z.  

NB : A Hamid Ferhi, coordinateur du MDS, qui vient de nous quitter.

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