Rubrique
Constances

Allaoua ou l’honneur au bout de la fesse

Publié par Slimane Laouari
le 13.02.2020 , 11h00
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Mohamed Allaoua est la star incontestée de la « musique rythmée » kabyle. On aime ou on n’aime pas mais s’il faut absolument chercher à mesurer sa popularité, on se rendra vite compte que ses fans sont nombreux, très nombreux. En tout, cas ses chansons sont partout. Dans le genre, les fêtes familiales sont le plus sérieux indicateur de la cote de chacun et il est inutile de dire que Mohamed Allaoua tient le haut du pavé. « Inaccessible » pour les petites et moyennes bourses, il est un « rêve », sinon un fantasme pour beaucoup de Kabyles qui lorgnent un mariage qui « marquera les esprits ». Le chanteur est dans son « style », il aime ça et en vit plus que confortablement. Il n’a jamais eu d’autres prétentions que celle-là. Dans la limite de ses ambitions, il n’a peut-être même pas rêvé d’autant de prospère notoriété. Mohamed Allaoua n’est peut-être pas adulé autant que les monstres sacrés de la chanson kabyle mais il a son public et dans son style, il fait plutôt bien les choses et c’est tant mieux pour beaucoup de monde. Il détend, fait danser jusqu’à épuisement et il a quelques fulgurances du genre qui ont été bien au-delà de sa région d’ancrage. Pourquoi on en parle aujourd’hui ? Parce qu’il vient de sortir un nouveau produit dont le clip a encore mobilisé vierges effarouchées et pucelles sans hymen. Une chorégraphie aérienne où des filles dansent dans des tenues décontractées, quelques déhanchements plutôt sobres et un… mot ont suffi à déclencher une violente tempête contre le chanteur qui ne doit sûrement pas comprendre ce qu’on lui reproche exactement, tellement est large le spectre des « indignations ». On va peut-être l’aider pour cela, pas en lui indiquant les raisons de la curée mais ses émanations. Il y a les vigiles grabataires de la « musique kabyle ». Fatigués mais surtout fatigants, ils sont les gardiens d’un temple fantasmagorique dont personne ne leur a confié les clés. Il y a les soldats sans armature de… l’« honneur » et de la « dignité » kabyles, tellement vulnérables qu’ils seraient donc en péril à chaque fois qu’une fesse ou un sein sont suggérés par l’habit serré d’une femme. Il y a enfin les modernistes en réserve de… la république des atavismes. Après avoir vilipendé Allaoua pour son clip « amoral », « impudique » et attentatoire à la cohésion ancestrale, tout ce beau monde se retrouvera. Ensemble, ils crieront au scandale parce que l’Université de Saïda a… interdit la célébration de la Saint-Valentin, parce qu’une jeune enseignante de Biskra est menacée dans son travail en raison de son refus de porter le hidjab et parce qu’une collégienne de Tkout a fait une tentative de suicide après avoir été dénoncée par la surveillante qui l’a surprise en discussion avec un camarade de classe !
S. L.

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