Rubrique
Constances

Comptes et règlements de comptes

Publié par Slimane Laouari
le 26.06.2019 , 11h00
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Ce n’est pas du sommet de l’Etat, ni des services judiciaires que sont venues les réponses mais du pays profond. Quand, çà et là, on redoutait que la lutte contre la corruption et ce qu’elle avait commencé à entraîner comme interpellations et « ouvertures de dossiers » ne dérape, tout le monde avait la même formule à la bouche : rendre des comptes, oui, régler des comptes, non. On ne sait pas où s’arrêtent les comptes pour que commencent les règlements de comptes mais le jeu de mots peut parfois suffire à en faire une « option ». On sait tout de même qu’on ne peut pas envisager des « règlements de comptes » à partir du néant. Il va falloir vraiment aller les chercher, les Algériens susceptibles d’être convaincus qu’un ministre, quelle que soit sa période d’exercice, peut faire l’objet d’une accusation à tort, d’une cabale fabriquée de toutes pièces. Il en est de même pour ceux qui n’ont pas été responsables politiques mais ont quand même évolué à sa périphérie. Il ne faut surtout pas comprendre le terme « périphérie » comme une moindre responsabilité, on n’a pas besoin d’aller trop loin pour savoir que ceux qui ont été dans cette posture, hommes d’affaires  ou des « pigistes » de l’ombre, ont souvent été d’un poids bien plus consistant que ceux qui étaient officiellement en poste. Ce n’est pas vraiment le sujet mais on ne peut pas se passer de la précision, puisqu’il en est tout de même un peu question. Pour l’Algérien ordinaire, qui a depuis longtemps arrêté ses certitudes sur le sujet, la seule appréhension donc est de voir ménager les « gros poissons » pour ne lui « servir » que les petits. Il est convaincu que dans… l’affaire, il n’y a pas de petits mais les abus de langage sont ainsi, on n’y peut rien. Il n’y a pas de petits mais il attend quand même les… plus gros. D’abord parce que, psychologiquement, il veut se rassurer que la seule chose entreprise au sommet qui lui donne un peu d’espoir ne se termine en désillusion, comme il a eu à le vivre douloureusement par le passé. Il veut par exemple voir sortir l’affaire de l’autoroute et celles de Sonatrach, il veut tout savoir et il veut que l’opération soit l’émanation d’une réelle volonté politique de changement dans le sens de ses revendications. Et comme il ne voit rien venir, il appréhende les choses avec un réel scepticisme même s’il continue de nourrir l’espoir. Lucide, il ne va pas lâcher l’unique geste qui lui permet d’encore y croire. Et il l’accompagne, y compris physiquement, en allant devant les tribunaux et parfois jusqu’aux portes des prisons. Il veut que les prédateurs rendent des comptes et concède qu’il faut éviter les règlements de comptes, un peu par acquit de conscience et le sourire en coin de celui à qui on ne la fait pas.
S. L.

 

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