Rubrique
Constances

FLN, RND, TAJ, MPA : panne d’oreillette ?

Publié par Slimane Laouari
le 18.06.2019 , 11h00
1760 lectures

Parce qu’il n’était plus, organiquement parlant, dans l’état-major du FLN au moment du soulèvement populaire, le pétillant Belayat pense peut-être avoir quelque légitimité qui lui permet d’envisager le retour de « son » parti sur la scène politique et même d’avoir un rôle de premier ordre dans «le règlement de la crise». Enfin, «le retour» si tant est qu’il soit parti un jour. Les Algériens avaient l’habitude du culot des «ex» mais ils pouvaient espérer qu’après tout ce qui vient de se passer, beaucoup de gens pouvaient se faire moins bruyants, surtout ceux qui, comme Abderrahmane Belayat, font partie des visages les plus emblématiques du système qui a conduit le pays là où il est. Pourtant, en dehors du côté spectaculaire des choses, les Algériens n’ont jamais prêté le moindre intérêt aux changements organiques épisodiquement survenus dans les partis du pouvoir. Ils en ont encore moins attendu quelque chose. A tel point que personne ne s’est jamais posé la question de savoir lequel de l’ancien ou du nouveau est le meilleur. Et pour cause, la religion des Algériens est faite : c’est à chaque fois le pire et le pire. Alors, quand M. Belayat dit que « les Algériens ne rejettent pas le FLN », il est déjà dans la vieille inspiration, puisqu’il suggère que seuls certains dirigeants de ces dernières années n’ont pas été à la hauteur. Il convient donc que les « bons » comme lui reprennent du service et tout rentrera dans l’ordre. Il ne l’a pas dit mais il se peut bien que parmi les bons, il inclut la nouvelle direction du FLN, pour l’unique raison qui compte :  s’installer déjà dans le giron des puissants du moment. Sinon, ce « sénateur » du même parti a dit la même chose, avec la roublardise légendaire de Belayat en moins. Lui, il va jusqu’au bout, tête baissée : le FLN a un rôle de premier plan à jouer parce qu’il est… toujours majoritaire dans les assemblées «élues» et la commission « indépendante » de l’élection présidentielle va passer, doit passer par l’APN ! Au RND, on n’a peut-être pas trouvé un duo aussi spontanément complémentaire pour s’exprimer mais on n’en pense pas moins. Si on avait pensé un seul instant que les choses pouvaient être autrement plus profondes et compliquées, on n’aurait pas pris les devants pour enfoncer Ouyahia, avec l’arrière-pensée évidente que tout pouvait recommencer comme avant, après son sacrifice ! En attendant, Ouyahia et Benyounès sont en prison, Ould Abbès et Ghoul au seuil de la porte et Djemaï pas très loin, selon les échos. Jusque-là , il n’y a aucune raison pour que ces partis se fassent petits. Ils n’ont pas l’habitude d’écouter les Algériens, ils ne vont pas se refaire aussi miraculeusement. 
Et l’oreillette ne fonctionne pas comme ils veulent, alors ils envoient ce qu’ils peuvent comme sonorités : l’essentiel, pour eux. Le tout est de savoir si elle ne fonctionne tout de même pas un peu.
S. L.  

CHRONIQUE
DU JOUR

Les + populaires

(*) Période 30 derniers jours

1

Actualités 11:00 | 13-07-2019

Selon les communiqués de la justice
Ouyahia recevait des pots-de-vin des hommes d’affaires

Apprenant la nouvelle de son incarcération, le 12 juin dernier, Ahmed Ouyahia ignorait, sans doute, que son entrée en prison ne

2

Actualités 11:00 | 14-07-2019

COMMENT OUYAHIA, SELLAL ET CONSORTS VIVENT LEUR DÉTENTION
Les mystères d’El-Harrach

Le séjour carcéral des anciens ministres et hauts responsables détenus à la prison d’El-Harrach est l’un de ces «mystères» que les Algériens tentent continuellement de percer depuis un moment. Aux interrogations qui reviennent de manière régulière sur les réseaux sociaux, s’ajoutent