Rubrique
Constances

Ils étaient où au moment des faits ?

Publié par Slimane Laouari
le 16.02.2020 , 11h00
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Il paraît que c’est à la mode, ou «tendance» pour être dans le jargon de son temps : beaucoup de municipalités de la wilaya d’Alger, par l’entremise de leurs «élus», se sont mises à demander la… récupération des terrains «indûment» et frauduleusement octroyés par l’ancien wali de la capitale pour des «projets d’investissement» qui n’ont jamais vu le jour. On sait que même les terrains cédés pour des projets qui ont… vu le jour n’ont pas non plus été des exemples de transparence, de régularité et d’utilité socioéconomique, mais qu’à cela ne tienne. On peut concéder aux courageux exécutifs communaux d’Alger une volonté de commencer par ce qui est immédiatement faisable. Mais non sans leur poser quelques questions embarrassantes, dont la plus évidente est celle-ci : ils étaient où quand le foncier algérois était dépecé par une horde de prédateurs insatiables ? Parce que, dans les faits, physiquement et administrativement, c’était bien les municipalités qui procédaient à cette «répartition» mafieuse de l’essentiel du patrimoine foncier, accaparé à des fins spéculatives au détriment de l’utilité publique et des vrais idées d’investissement. Mais l’un dans l’autre, on peut également concéder à ces maires et leurs équipes le mérite de la franchise, même s’ils l’expriment à leur corps défendant. S’ils n’y étaient pour rien dans la vaste opération d’appropriation du sol algérois, ils ne se sentiraient pas aujourd’hui obligés d’y revenir, histoire de faire bonne figure. Et peut-être bien soulager leur conscience, si par bonheur ils y ont songé. Là où ils n’ont pas été associés, ils ont appris les transactions comme le commun des Algériens et là où ils ont pu, ils ont eu leur part du gâteau. Même si souvent leur posture dans la hiérarchie ne leur ouvrait droit qu’à des clopinettes du butin, ils n’ont pas craché dessus. Et quand il n’y avait «rien à gratter», ils se sont tus, convaincus que leur silence peut toujours servir à la promotion et la durée de leur carrière. A-t-on un jour entendu un maire se révolter contre sa hiérarchie dans une opération du genre ?Bien sûr, tout ce qui est récupérable et arraché à la gueule du loup est une bonne chose. 

D’abord parce que la sanction de ceux qui ont fait d’Alger et de l’Algérie une coupe réglée ne suffit pas et la restitution des biens spoliés à la collectivité publique est un juste retour des choses. Pour autant, ceux qui ont été les complices intéressés ou même les… témoins privilégiés de la razzia sont mal placés pour en parler maintenant, encore moins pour conduire «l’opération» de réparation. Si on ne peut pas mettre toute l’Algérie des institutions publiques en prison, on peut faire en sorte que l’entreprise de justice se fasse sans eux et si possible contre eux.
S. L.

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