Rubrique
Constances

La grève, les pour et les contre

Publié par Slimane Laouari
le 08.12.2019 , 11h00
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L’appel qui a été lancé sur les réseaux sociaux pour une grève générale qui doit durer jusqu’au 12 décembre n’a pas suscité beaucoup de réactions défavorables comme c’était le cas par le passé où l’idée de «durcir le Hirak» n’a pas trouvé les disponibilités attendues par leurs initiateurs. Sans doute parce que le maintien du cap des manifestations pacifiques a le plus rassemblé les Algériens en colère, seul le passage des marches bihebdomadaires aux contestations quotidiennes a fini par être adopté par endroits et à des moments précis de la contestation populaire, souvent dans la foulée de quelques événements «périphériques». En même temps, se confirmait cette certitude que rien ne peut désormais faire déborder le mouvement populaire de sa philosophie : détermination dans la paix et la lucidité. A quelques jours d’un rendez-vous déterminant au moins par ce qu’il va dessiner comme nouvelles perspectives, l’appel à la grève générale n’a pas suscité de réactions défavorables mais il n’a pas non plus été du niveau d’enthousiasme que la mobilisation populaire a su et pu soulever autour des actions majeures entreprises par le Hirak depuis le 22 février. Les acteurs qui en ont eu l’idée et ceux qui y ont spontanément adhéré n’ont pas forcément des motivations de «durcissement» et veulent simplement marquer l’arrivée imminente d’un scrutin qui est au cœur de la contestation depuis que sa date a été fixée, surtout que le pouvoir politique en a fait l’essentiel de ses solutions à terme. Pour autant, les sceptiques, les hésitants et les franchement défavorables à la grève générale de l’intérieur du Hirak ne se recrutent pas forcément parmi les moins engagés. Ils redoutent seulement le premier faux-pas dont, soutiennent-ils, le mouvement populaire n’a pas le droit de se permettre le luxe à un moment si crucial. C’est donc une question qui aurait mérité discussion mais on ne va pas refaire ici le débat sur les spécificités du Hirak qui, sans leaders déclarés et sans structures visibles, n’a pas toujours fonctionné avec des niveaux de concertation susceptibles de le mettre à l’abri de quelques mauvais tournants. Bien sûr, on peut toujours estimer que c’est aussi sa force et ça ne manque pas d’arguments, en l’occurrence. Quelques arrière-pensées d’ambitions personnelles et de sporadiques tentatives d’emmener le mouvement dans des combats d’arrière-garde ont déjà été constatées sur le terrain des opérations. S’agissant de la grève, les premiers couacs ont déjà entamé la formidable mobilisation dans ce qu’elle a de plus généreux et de plus vertueux. La ruée par endroits sur les produits alimentaires, les prix qui ont doublé du jour au lendemain, ce n’est déjà pas ça le Hirak. Reste la limite dans le temps qui peut atténuer les appréhensions. Dans quatre jours, il fera… jour.
S. L.

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