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Constances

La vache de l’orphelin

Publié par Slimane Laouari
le 03.09.2018 , 11h00
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Pour la rentrée scolaire, le ministre des Affaires étrangères a lancé une opération «cartable de l’orphelin». A l’occasion, les
enfants qui ont oublié qu’ils n’ont plus leur mère, leur père ou les deux, vont se le rappeler. Un cartable contre une douleur à revivre quand d’autres enfants se laissent aller aux joies des retrouvailles, c’est tout de même cher payé. Mais la douleur peut durer plus longtemps que les jours de bonheur raté. Parce que si les enfants privés de la protection et de la tendresse de leurs parents peuvent à nouveau oublier leur douleur, puisqu’ils sont bien obligés, il y a toujours d’autres pour le leur rappeler. D’autres enfants innocents et
le… cartable lui-même. Car, pour faire plus cruel en l’occurrence, le
ministère du Culte a même convoqué son génie créateur. L’allusion au célèbre conte «la Vache des orphelins» étant évidente, on ne sait plus si le ministre des Affaires religieuses veut frapper les esprits
sur la grande générosité de son action ou par l’obséquieuse émotion qu’elle ne manquera pas de susciter. Quoi qu’il en soit, la maladresse, à moins que ce ne soit plus grave que ça, est telle qu’elle a irrité jusqu’à Ould-Abbès qui a chargé le ministre de la Solidarité de dire à son collègue qu’il est dans l’erreur, parce que les enfants concernés par le fameux cartable risquent d’être «stigmatisés». On l’aura remarqué,  l’occasion comme dans d’autres circonstances, Ould-Abbès et les siens sont très prompts à sortir les grands mots.
Stigmatiser ! Pendant les longues années qu’il a passées au ministère de la Solidarité, le secrétaire général du FLN n’a pas vraiment été un exemple de sobriété et de discrétion, ce sont plutôt les comportements contraires qui ont fait sa réputation. Aux célèbres mariages et circoncisions collectifs, la télévision publique a été systématiquement de la partie. Aux autres opérations «un enfant, un cartable», aussi. Est-il encore besoin d’évoquer encore les cuisantes humiliations que subissent les «nécessiteux» chaque mois de
Ramadhan devant les caméras ? Est-ce qu’un jour, on a entendu parler de logements sociaux attribués au lieu d’être… distribués tambour battant et étendard déployé ? Est-ce qu’un jour, on a réfléchi à des déménagements individuels et humanisés des habitants de bidonvilles quand ils vont occuper leurs nouveaux logements, au lieu de les exposer dans de longues et hideuses processions de camions qui rappellent des images de sinistre mémoire ?  Ould-Abbès ne veut pas que les enfants soient stigmatisés. Mohamed Aïssa a pris ses cours de «solidarité» à l’école Ould-Abbès mais il a essayé d’innover en convoquant un conte du terroir, rien n’a changé pour le reste. On
confond toujours aumône et solidarité. Même pas avec la discrétion
d’usage.
S. L.

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