Rubrique
Constances

L’APN, comme si de rien n’était

Publié par Slimane Laouari
le 11.07.2019 , 11h00
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Houari Benaouda, député du Mouvement de l’entente nationale et candidat à la présidence de l’APN : «Je sais que je suis un outsider et que mon action peut paraître symbolique. Mais je tiens à marquer ma présence dans ce scrutin car dans l’Algérie d’aujourd’hui, tout est possible .» C’est un peu hilarant comme propos au point où en sont les choses mais, quelque part, il ne croyait pas si bien dire, M. Benaouda. Puisque l’« élection » du président de l’APN fait l’actualité nationale dans une Algérie  qui occupe la rue depuis bientôt cinq mois avec comme principale revendication la fin du système et le départ tous ceux qui en sont l’incarnation  à  un niveau ou un autre de la responsabilité. Quand on en arrive à ce que ceux qui doivent « dégager » fassent comme si de rien n’était, comme s’ils étaient le salut à organiser et le peuple qui bat le pavé le problème à dépasser, tout devient possible. D’ailleurs, M. Benaouda et les autres « candidats » à la succession de Bouchareb n’ont rien inventé en la matière, ils ont été particulièrement inspirés de « tenter leur chance ». Si on a réussi à « placer » Bouchareb dans les conditions que l’on sait, si on a fini par le dégommer en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, ils ne voient pas pourquoi tout ne serait pas possible. De toute façon, ils savent que, bulletin secret ou non, tout va finir par se jouer ailleurs comme au bon vieux temps, pas si... vieux que ça ! Et puisque le pouvoir réel peut être encore tenté de puiser dans sa réserve la moins exposée, la compétition peut être ouverte sur le choix du moment. Djemaï, le nouveau préposé au FLN, procède avec la même « philosophie». Sauf que lui, en plus du « tout est possible », il part avec l’espoir — ou la certitude — en tout cas l’arrière-pensée, que tout est... acquis. Avec ses « concurrents », il partage certes l’allégeance affirmée aux nouveaux décideurs, mais avec cette « longueur d’avance » assurée grâce à un premier adoubement : on ne succède pas à Ould Abbès au pied levé, en tout cas pas par le seul fait d’en exprimer l’envie. Sinon, il aurait pu se suffire du fauteuil d’Hydra qui faisait déjà largement son bonheur, puisqu’il n’en a peut-être même pas rêvé. La première « pensée » à l’endroit de Gaïd Salah dans la foulée de sa désignation exprimée avec autant d’emphase que d’enthousiasme, il donnait, depuis, l’impression d’avoir réglé tous ses problèmes, ses bruyantes casseroles comprises. Il ne s’est donc pas arrêté en si bon chemin. Comme il ne doit pas avoir l’âme d’un aventurier, foncer ainsi en dépit de sérieuses résistances internes peut être paradoxalement l’indice d’une assurance tous risques. Sauf qu’on ne connaît pas vraiment la nature, les motivations et surtout... la source d’inspiration de ses opposants. Dans un pays dans la rue, quand  l’élection du président de l’APN tient lieu d’actualité politique, tout devient possible, n’est-ce pas ?
S. L.

 

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