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Constances

Le doute et les doutes

Publié par Slimane Laouari
le 11.05.2021 , 11h00
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À l’heure où se rédigeait ce texte, on ne savait pas encore si la fin de la… faim était pour demain ou pour jeudi. On était donc en train de « douter » encore. C’est quand même fou ces événements si importants, si populaires et si spirituels dont on ne connaît pas avec précision le jour de l’… avènement ! En moins de deux mois, on a déjà douté à deux reprises, là où on aurait quand même pu s’en passer, tellement des raisons autrement plus sérieuses de douter ne manquent pas. On doute par exemple de tout ce qui peut venir de nos gouvernants, même quand leur bonne foi et leur intention de bien faire sont évidentes. Tenez, hier, près de 5 000 logements « dans les différentes formules », selon la… formule officiellement consacrée, ont été distribués à Alger. Eh bien, figurez-vous, beaucoup de choses ont été dites à propos et pas vraiment des choses gentilles, comme on s’en… doutait un peu. Dans une autre vie, sous d’autres cieux et dans d’autres circonstances, ça se passerait autrement. Une question de langage d’abord : « distribuer » des logements, c’est vivre en dehors de son temps. Pourtant, dans l’absolu, cinq mille familles qui reçoivent les clés d’un appartement flambant neuf, il n’y a rien à dire, en dehors du bonheur à étrenner. Pour une fois, il n’y a aucune raison de douter, c’est même une évidence : ceux qui viennent d’accéder à ces habitations ne viennent pas des maisons cossues. Le logement, ils en ont bavé et rêvé. Plus bavé que rêvé d’ailleurs, tellement ils ont douté. Mais on ne refait pas le monde, on ne refait pas le pays aussi rapidement. Surtout quand le pays ne veut pas vraiment se refaire. Surtout quand il reproduit les mêmes calamités que celles qu’on jure par tous les dieux de faire oublier. Parce que, voyez-vous, les clés d’un appartement, quelle que soit sa « formule », ça se remet aussi, discrètement, ça se remet aussi normalement. Ça se passe entre l’organisme gestionnaire et le « bénéficiaire », dans la sobriété d’un bureau, avec la satisfaction d’une transaction aboutie. Le Premier ministre n’avait rien à faire là et la télévision publique n’était pas obligée d’en faire son sujet d’ouverture. On n’a pas besoin de crier sur tous les toits que des Algériens vont enfin avoir un… toit à la veille de l’Aïd. De toute façon, beaucoup de monde comprendra la formule autrement : l’État va distribuer des logements non pas à la veille de l’Aid mais à quelques semaines des… élections ! Que voulez-vous, pour que ça change, il faudra (sans doute) que tout le monde change.
S. L.

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