Rubrique
Constances

Le racisme, la loi et le contexte

Publié par Slimane Laouari
le 15.01.2020 , 11h00
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Une loi est en préparation pour sanctionner le propos raciste et haineux. Dans l’absolu, c’est une avancée formidable que le pays se dote d’un dispositif légal de répression de la haine raciale, religieuse ou régionaliste. En plus de la dissuasion que cette loi implique, elle aura, dans l’absolu toujours, à rapprocher le pays de ce qui se fait de plus avancé dans le domaine des droits humains et de lutte contre toutes les formes de ségrégation. En d’autres termes, il s’agit de faire de l’Algérie un pays de son siècle en la matière. Il faut qu’on se le dise quand même : le racisme existe et sans doute existera encore longtemps, pour ne pas dire toujours. La différence entre les grandes démocraties et le reste des pays du monde n’est pas dans l’ampleur du fléau, elle est dans les niveaux d’indignation de ses expressions, dans la sévérité des sanctions qu’elles induisent et dans la retenue ou… l’autocensure que s’imposent bien des racistes, que seule la rigueur de a loi empêche de donner libre cours à leurs pulsions haineuses. Dans les autres pays, comme le nôtre, les gens ne sont pas plus racistes qu’ailleurs. C’est la… « libre expression » en la matière qui banalise le propos ou le comportement raciste. Ce sont les errements et les turpitudes politiques qui ont produit les stigmatisations régionalistes. Non seulement elles ne sont jamais sanctionnées ni même dénoncées mais elles sont parfois encouragées ! Elles sont tellement impunies et normalisées qu’elles ont parfois « inspiré » certains pour en faire leur… discours. Ce n’est pas la prison ou la sanction financière que l’infâme Naïma Salhi redoutait de sa nauséeuse croisade contre les Kabyles et la Kabylie, elle en attendait des… récompenses ! Ce n’est pas la honte et la radiation du monde du sport que le président d’un club de foot attendait quand il a donné du « sale Marocain » à l’entraîneur Badou Zaki, il pensait à une promotion et, tant qu’à faire, à l’héroïsme. Casser du juif est de bon ton et n’indispose personne, même pas dans quelques îlots où on pouvait l’attendre. A chaque match avec un club ou une sélection africaine, les commentateurs sportifs nous « apprennent » que le continent noir n’est qu’une jungle trop invivable pour y jouer au foot ! Le sombre directeur de la culture de M’sila n’a fait que dire avec des mots crus ce qu’a déclaré Ali Kafi, un ancien… Président dans une autre formulation. En plus de possibles… dividendes que le sieur Rabah Drif pensait en tirer, il devait même prétendre à la pertinence intellectuelle de sa publication qui a fait d’Abane Ramdane un traître à la Révolution ! Pas un de tout ce beau monde n’a été inquiété, ni même rappelé à l’ordre. Ce n’est pas seulement parce qu’il y a un vide juridique en la matière mais ça ne veut pas dire que cette loi en préparation est inutile. Reste le contexte dans lequel elle arrive. On peut l’applaudir sans discernement, considérer qu’il n’y a rien de bon qui puisse venir d’institutions contestées ou soutenir que tout ce qui va dans le bon sens est le bienvenu, on se retrouve déjà dans un autre débat.
S. L.

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