Rubrique
Constances

Le Sud ou l’attention-alibi

Publié par Slimane Laouari
le 16.10.2019 , 11h00
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Quand des chômeurs de plusieurs villes du sud-est du pays ont investi la rue pour revendiquer des emplois, le pouvoir de l’époque n’a pas été très loin pour «répondre» à leur demande. Le quatrième, puis le cinquième mandat étaient… en jeu et on n’allait tout de même pas se permettre le luxe d’un autre front social. Surtout pas dans une région que les gouvernants pensaient — manifestement à tort — définitivement… pacifiée. Depuis, on ne sait pas ce qui est advenu de sa réponse mais on sait ce que les gouvernants ont toujours fait de leurs promesses. Parce que ce n’était que des promesses : trouver des postes de travail à des milliers de jeunes si rapidement équivaut à sortir une baguette magique pour venir à bout de décennies d’incurie en matière de politique de l’emploi, combler le retard de développement d’une région abandonnée à la seule vocation de pompe à fric et mettre fin à des réseaux de recrutement mafieux qui sont au cœur des institutions de l’Etat. Comme on ne pouvait pas attendre un effort aussi méritoire du pouvoir, on a rigolé un bon coup en l’entendant… sommer les entreprises publiques de recruter à tout-va et on est passé à autre chose. Aux premiers mois du soulèvement populaire, ce sont des… sacs d’orge que l’Etat, dans son extrême générosité, a offerts aux éleveurs de camelins de la région dans une hilarante mise en scène télévisée. On se croirait dans une expédition humanitaire vers une communauté menacée d’extinction par la faim ! Plus près de nous, ce sont les salaires des médecins spécialisés intéressés par un «séjour» professionnel dans le Sud qui ont été décidés au pied levé parce que dans la tête des gouvernants, il ne fallait surtout pas que la contagion de la colère populaire s’étende dans ces zones «stratégiques», surtout que, pensent-ils toujours, il suffit d’une sollicitude au rabais pour ramener — ou garder — ces populations dans le giron.
Et comme si ça ne suffisait pas de les «entretenir» par des broutilles, ils en font une communauté exemplaire de docilité à exhiber à chaque fois que le pays traverse une épreuve de tourmente, résultat de la géniale gouvernance du pays. Ils ont ainsi exhibé leurs taux de participation brejnéviens dans des élections boudées par le reste du pays, ils ont, à chaque fois, actionné de factices représentations… ethniques pour d’obséquieuses déclarations de soutien et maintenant des foules qui se pressent devant les municipalités de Tindouf et Tamanrasset pour s’inscrire sur les listes électorales. D’une humiliation à l’autre, la prochaine est attendue le 12 décembre pour fournir les images d’un scrutin réussi.
S. L.

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