Rubrique
Constances

Les 4 samedis

Publié par Slimane Laouari
le 16.11.2019 , 11h00
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La semaine a été pénible. Largement portée par la rumeur, la libération des prisonniers du Hirak était dans l’air dès le début de la semaine. On disait que le pouvoir ne pouvait pas se permettre une élection avec des prisonniers d’opinion, surtout que ces derniers étaient au cœur du soulèvement populaire, donc forcément dans son prolongement. On en est arrivé à deux procès, deux tribunaux, deux verdicts différents et l’incohérence qui s’ajoute à l’inquiétude. Déjà que les Algériens ont une idée arrêtée sur la justice de leur pays, le moins qu’on puisse dire est que les derniers procès ne sont pas faits pour la changer, même s’ils sont quand même contents que des jeunes détenus depuis des mois retrouvent la liberté, en attendant tous les autres.   
La semaine a été pénible. Si vous pensez que parler de la pluie et du beau temps est toujours un moment de décontraction et d’insouciance qui aide à évacuer les tracas d’un quotidien pas vraiment rose, vous allez vite déchanter. Il a plu ces derniers jours et deux immeubles de la Basse Casbah se sont effondrés. Heureusement que, une fois n’est pas coutume, il n’y a eu ni morts ni blessés, les habitants ayant quitté les lieux en catastrophe après avoir constaté les premières fissures dans les murs. Il a fait froid, avec les premières neiges en hauteurs dans plusieurs régions du pays. Là, la mort a encore frappé à plusieurs reprises, avant même que n’arrivent les flocons. Le monoxyde de carbone ne pardonne pas. En cause, les appareils de chauffage criminels, les mauvaises installations et le manque de rigueur dans le respect des précautions d’usage. Toujours tragique et ça n’a pas l’air de s’arrêter.
La semaine a été pénible. La star des passeurs de Sidi Salem, sur la côte annabie, coule des jours heureux dans le 18ème arrondissement de Paris. Au correspondant du Soir d’Algérie, il revendique 8 traversées «sans incident», ce qui aurait fait son succès auprès des candidats à la harga. Pour 580 000 dinars par tête de pipe, ses clients ont droit, paraît-il, à une assurance tous risques, de la musique et même un joint explosif ! C’est qu’il ne se gêne pas, le bonhomme, il raconte tout. Comment il acquiert sa logistique, comment il se joue des gardes-côtes qu’il n’hésite pas à tourner en dérision et comment il est… contraint à l’exil parce que les parents de ses clients le vouent aux gémonies. Il a même tenté une… analyse sociologique en parlant du chômage, de la mal-vie et tout le reste. Ecœurant.
La semaine a été moins pénible. Il y a tellement peu de raisons d’être heureux dans ce pays que la victoire de la sélection nationale de foot a été un baume au cœur des Algériens dont on connaît en plus la passion pour ce sport. Un long moment de doute, un but, puis la délivrance, quelques mouvements de magie et, au bout, un franc succès. 
Une victoire qui aurait pu quand même se dessiner plus tôt mais l’Algérie a l’art de handicaper ce qu’elle a de meilleur. 
Les Verts ont… traîné cette pelouse chaotique comme un second adversaire. 
Il y a quelques jours, le directeur du stade Tchaker voulait nous rassurer ainsi : la pelouse n’est pas endommagée… à 100% ! Ce n’était peut-être pas une erreur de formulation !
S. L.

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