Rubrique
Constances

Les barbus barbiers

Publié par Slimane Laouari
le 15.11.2018 , 11h00
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Parmi les sujets brûlants qui font l’actualité des réseaux sociaux ces derniers jours, figure un fait qu’on n’attendait pas : des coiffeurs d’Alger et certainement d’autres villes et bourgades du pays «refusent» de raser les barbes de ceux de leurs clients qui en formulent le souhait. Ce n’est pas un choix de «créneau», comme on aurait pu le penser, puisqu’à première vue, il ne devrait pas y avoir beaucoup de monde à imaginer un seul instant les réelles motivations de ce refus. Il s’en est même trouvé qui en sont restés incrédules, tellement le fait est cocasse. Le problème, pour les sceptiques et pour tous les autres, c’est que ce n’est pas une mauvaise plaisanterie. On se demanderait même ce qui a bien pu provoquer l’hilarité de certains en entendant ça, au point de douter de sa véracité. Ça fait longtemps que les islamistes ne se refusent plus rien. Depuis qu’on leur a livré l’espace public, si ce n’est la société entière en gérance usufruitière, ils ont compris que seul l’exercice du pouvoir politique pouvait leur échapper et seulement parce que ceux qui sont aux affaires du pays ne sont pas près de le lâcher. Pour ça, ils ne sont pas pressés, surtout qu’ils n’ont plus les moyens de l’assaut guerrier. Convaincus que ça va finir par arriver, même à l’usure, ils continuent de travailler au corps une société qui se résigne chaque jour un peu plus, au point que de grandes mutations dans le mode de vie, les réflexes quotidiens et les apparences physiques sont déjà visibles à l’œil nu. Il faudra quand même qu’on s’en rende compte : les Algériens qui ont aujourd’hui moins de trente ans, voire plus, n’ont pas connu une autre vie que celle-là : celle où les accoutrements vestimentaires islamistes sont la norme et toutes les autres une déviation à… éradiquer. Celle où le câlin dans un coin de jardin, sur une crique, dans un véhicule ou à… la télé sont des crimes pour lesquels n’importe qui peut rendre justice, y compris par le pire des châtiments. Celle des plages sans maillots de bain, sans musique, sans «mouvement». Celle des vigiles de la morale religieuse où tout le monde peut considérer qu’il est en service commandé. Celle où on peut tabasser une comédienne parce qu’elle est comédienne. Celle où on lynche un ouvrier de chantier surpris avec un sandwich par un après-midi de Ramadhan. Celle où les drogués… ferment les bars. Celle des «chaînes pour  femmes» à la poste et aux guichets de ce qui reste comme… salles de spectacle. Celle des restaurants qu’on ferme à… midi trente parce que c’est le moment de prier. Celle où les walis interdisent la bière et les chefs de daïra les cafés littéraire… Ceux qui n’ont pas voulu croire que des coiffeurs refusent de faire la barbe à leurs clients parce que c’est illicite en terre d’islam vivent sur une autre galaxie. Celle des «cahiers des charges» et d’autres «trucs» qui font sourire en dépit de la gravité de la situation.
S. L.

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