Rubrique
Constances

Les chômeurs de la Révolution

Publié par Slimane Laouari
le 17.07.2019 , 11h00
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Ils sont des milliers, si ce n’est plus. Dans leurs quartiers, leurs villages et souvent au-delà, ils sont connus comme des loups blancs. Leurs noms sont toujours associés aux « affaires », histoire de ne pas faire de confusion à leur évocation. Ça, c’est pour l’appellation « générique », parce qu’il arrive qu’ils aient des « spécialités ». Ils sont les derniers couteaux de réseaux organisés, hiérarchisés et « cloisonnés », comme on dit pour les organisations… politiques clandestines dont la tête et le premier cercle ne sont jamais visibles. Eux, ils sont de notoriété publique. Il faut bien que quelqu’un soit facilement trouvable dans la « structure ». Pour la promotion du business, pour le rabattement à grande échelle et, à Dieu ne plaise, pour le sacrifice des coups durs. Leur « activité », ils ne s’en cachent pas, il leur arrive même de s’en vanter publiquement et pour cause, les choses étant parvenues au point où elles sont, leurs petits trafics, grands pour leurs « patrons », ont fini par devenir normaux. On oriente les gens vers eux. Les désespérés, les cupides et les chercheurs d’une nouvelle vocation. C’est que le secteur… recrute en permanence. Le créneau est porteur, se développe, ouvre de nouvelles filières et diversifie ses champs d’investissement. Il y en a même qui jurent leurs grands dieux qu’il y a de la place pour tous, quand ils ne soutiennent pas carrément que tout le monde est là-dedans, en dehors de ceux qui n’en ont pas les tripes ou le « savoir-faire ». Vous voulez que votre nom figure à coup sûr dans la prochaine liste de logements sociaux ? « Salem joint-maire » vous réglera ça. Votre enfant cherche un boulot au Sud ? « Rachid Sonatrach » est votre homme. Une transaction immobilière illégale ? « Djamel le notaire » s’en chargera. Une comparution devant la justice ? Il faut s’adresser à « Belkacem Dar Chraâ »… S’ensuivent, toujours dans la certitude, souvent dans l’approximation et parfois dans l’arbitraire, les « grands noms » auxquels chacun de ces « affairistes » est lié. Eux, se disent simplement hommes d’affaires ». Ils n’ont pas de fonction connue ou ils en ont une qui tombe bien, leur train de vie est à des années-lumière de leur statut officiel. Et ils ne s’en privent pas pour l’étaler. Sûrs d’eux et des gens pour qui ils travaillent, ils ne voient pas ce qui peut bien leur arriver. Il paraît que même en plein soulèvement, il y en a qui sont toujours… en activité. Et ça repart de plus belle sur l’identité et la posture du chef de bande de chacun d’eux. Mais depuis le 22 février, on les appelle dans le meilleur des cas les « nouveaux chômeurs ». Dans le pire, les « futurs prisonniers ». La prison, il y en a qui y sont déjà mais personne ne parle des derniers couteaux.

S. L.

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