Rubrique
Constances

Les enfants de Serir

Publié par Slimane Laouari
le 08.11.2018 , 11h00
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Vous connaissez Serir ? Certainement pas. A moins d’un accident de la vie, de l’histoire ou de la géographie qui vous aurait placé dans sa périphérie immédiate, vous ne pouvez pas connaître Serir. C’est comme ça, vous pouvez être un passionné de géographie et de géologie, un voyageur infatigable ou un amoureux fou du pays profond mais vous n’avez pas beaucoup de chance de connaître. Parce que Serir n’est qu’un lieu-dit dans... un lieu-dit. Un point imaginaire, un pan de sol arbitraire dans lequel les nomades, leurs bêtes et leurs tentes ont soufflé un semblant de vie, en attendant de retomber dans le vide sidéral. Serir est situé dans la région de Marhoum, une étendue à la limite de l’aridité. Vous avez plus de chance de connaître Marhoum.
Autour de  Sidi-Bel-Abbès et un peu au-delà, dans les wilayas limitrophes, la localité a sa petite et sobre mythologie qui l’a tirée de l’anonymat. Vous pouvez ne pas connaître Serir, vous pouvez même ne pas connaître Marhoum. Mais à Serir, un point imaginaire ou arbitraire de Marhoum, il y a des nomades qui ont des enfants. Et les enfants doivent aller à l’école, sinon la vie ne vaudrait pas la peine d’être vécue. Ecoutez leur cri qui déchire le ciel, rapporté par notre correspondant local : «Nous parcourons 30 km aller-retour pour suivre nos études, 30 km que nous faisons à pied avec tous les dangers que peut nous réserver notre trajet. Nous sommes des filles et des garçons à la merci d’un prédateur, d’une agression, d’un accident de la route, de chiens errants, bref, nous empruntons la route de l’impossible pour rejoindre le plus souvent nos établissements respectifs avec du retard. Déjà que nos résultats sont loin d’être reluisants à cause des fréquents déplacements de nos familles à la recherche de pâturage pour leurs bêtes, en plus, nous sommes de condition sociale à la limite de la précarité. Nos parents ne peuvent pas nous payer un moyen de transport. Dans ces conditions, on est loin de la réussite dans nos études.» Oui, ces enfants veulent réussir dans leurs études, parce que dans leur pays qui ne leur a encore rien donné, il est déjà difficile de s’en sortir quand on a fait de brillantes études. Non, ils ne doivent pas aimer la vie de leurs parents. En tout cas pas au point de marcher sur leurs pas. Oui, leurs parents lorgnent une autre destinée, un autre cheminement et un autre aboutissement pour leur progéniture.
A Serir, du côté de Marhoum, dans la wilaya de Sidi-Bel-Abbès, il y a des enfants qui font trente kilomètres à pied pour aller à l’école et en revenir. Ce n’est pas normal, c’est injuste. Les enfants d’ici et d’autres pans du pays profond ont droit à de meilleures conditions de vie et de scolarité. Les choses sont aussi simples, il faut apprendre à les dire simplement. Si possible, pas seulement les dire. Bien sûr que c’est possible.
S. L.

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