Rubrique
Constances

Les malades en concours

Publié par Slimane Laouari
le 18.11.2019 , 11h00
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La wilaya d’Alger va instaurer une «commission d’évaluation » des structures de santé de la capitale. Conçue comme une sorte de… concours des établissements sanitaires, la «compétition» sera sanctionnée au bout par la sélection du meilleur hôpital, CHU ou structure sanitaire de proximité qui sera «récompensé». On ne connaît pas encore les critères de sélection, les «barèmes» de notation, la nature du… trophée qui sera remis au vainqueur et surtout pas les objectifs attendus de ces, tout de même, curieuses «joutes sanitaires». 

En lieu et place d’un concours du meilleur, il serait peut-être plus compréhensible et sûrement bien plus efficace de procéder autrement : commencer par… sanctionner les pires établissements. Pas les infrastructures mais plutôt leurs gestionnaires et leur hiérarchie, le personnel médical et paramédical qui sont rarement un exemple de compétence et d’abnégation. Les erreurs de diagnostic et de thérapie sont légion, la prise en charge est catastrophique, les urgences sont des salles d’attente de la mort, l’hygiène est calamiteuse, la literie est à « la charge » du malade qui a la chance de trouver un… lit et on en passe et des meilleures. Et ce qui ne gâte rien et facilite les choses, il n’est pas besoin d’un concours pour constater tout ça. Pour ce faire, il suffit de faire un tour dans n’importe quel établissement ou de faire tourner un micro pour savoir ce qu’en pensent les citoyens. Concours ou non, ils sont les meilleurs «évaluateurs» en la matière. Ce sont eux qui se voient eux-mêmes ou observent dans une terrible impuissance leurs parents attendre la mort avec une feuille de rendez-vous à une séance de radiothérapie jaunie sous l’oreiller. Ce sont eux qui assistent, toujours impuissants, à des opérations chirurgicales vitales mais contrariées par une rupture de stock des… clichés radiologiques. Ce sont eux qui, en ultime recours, sont obligés de solliciter la solidarité populaire ou des âmes charitables pour sauver la vie de leur enfant en l’envoyant à l’étranger ou une clinique privée. Ce sont eux qui ont vu mourir des enfants en raison d’une installation électrique défaillante dans un hôpital de chef-lieu de wilaya. Ce sont eux, avec le même écœurement, qui ont écouté un ministre de la Santé déclarer, après la mort d’un médecin suite à une piqûre, que le scorpion est un animal… domestique contre lequel on ne peut rien !  Ce sont eux qui écoutent, ahuris, quelque haut responsable vanter, dans un discours creux et obséquieux, les performances du système de santé du pays, sachant que lui-même et ses proches prennent l’avion à chaque fois qu’ils ont un rhume aigu. Tout ça n’a pas besoin de concours pour que ça se sache. Les hôpitaux sont malades. Et un concours  entre… malades ne guérit pas.   
S. L.

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