Rubrique
Constances

Les nouvelles wilayas, le gouvernement et la vraie vie

Publié par Slimane Laouari
le 03.12.2019 , 11h00
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En dehors des « experts » et de leur… profondeur populaire mobilisés aux micros de l’ENTV à chaque fois qu’il y a nécessité, on n’a pas vu ou entendu beaucoup d’Algériens s’enthousiasmer pour le nouveau « découpage administratif » du territoire national. Ni pour plein d’autres mesures prises par le gouvernement, d’ailleurs. Pourtant, l’essentiel de ces décisions auraient pu intéresser beaucoup de monde. Si elles ne sont pas vraiment dans le genre à ouvrir de sérieuses perspectives de développement économique ou de promotion sociale mais elles font partie de ces « programmes » qui ont… fait leurs preuves à des périodes précises de la vie du pays. Autant dire que le citoyen y est habitué. Aux logements gardés au frigo jusqu’au bon moment, aux « facilités » en tous genres dont certaines surprennent par leur générosité et aux bienveillantes sollicitudes parfois émouvantes. L’Algérie est précisément dans l’une de ces périodes-là. Inutile de préciser que celle-ci est non seulement différente des autres mais elle peut aussi être la plus longue si elle ne l’est déjà. Avec en plus un gouvernement entièrement dédié à cela, sa vocation officielle étant une vue de l’esprit, on a eu le temps pour des cadeaux mais aussi pour les choses sérieuses. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que la seule mesure qui a suscité l’intérêt - et la colère - des Algériens est la loi sur les hydrocarbures. Une loi qui engage le pays à terme et qui n’impacte pas directement et immédiatement le quotidien du citoyen. Paradoxal, non ? Ni la réforme de la retraite, ni les différentes promesses à l’entreprise, ni l’intérêt soudain et généreux pour les start-up, ni les interminables rallonges dans les échéances de remboursement des crédits Ansej, ni les espaces commerciaux qui se distribuent à tout-va n’ont suscité l’engouement qu’on pouvait attendre dans leur… prolongement politique ! La dernière mesure, qui est aussi la… dernière à être attendue par les Algériens concerne la « confirmation » des wilayas déléguées en tant que wilayas à part entière et la création de nouvelles circonscriptions administratives. C’était certes dans l’air mais personne n’imaginait que ça allait venir « maintenant ». On en a fait un non-événement comme pour toutes les autres mesures. Il fut un temps où la question a pourtant soulevé des passions, réveillé de vieux démons tribaux et suscité même des colères là où on n’avait pas trop l’habitude d’en voir. Les histoires du pourquoi Boumerdès au lieu de Bordj Menaïel, de M’sila au lieu de Bou-Saâda, d’Oum-el-Bouaghi au lieu d’Aïn Beïda… sont lointaines mais les raisons qui les ont suscitées n’ont pas vraiment disparu. Les Algériens ont la tête ailleurs et peut-être bien dans une mutation telle qu’ils ne lâchent plus la proie pour l’ombre. Le pouvoir, lui, doit affronter le « pourquoi maintenant », en plus du pourquoi ceci à la place de cela, quand ce n’était pas… pourquoi tout court.
S. L.

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