Rubrique
Constances

Les touristes

Publié par Slimane Laouari
le 10.09.2018 , 11h00
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On ne saura sans doute jamais à quoi sert le «comptage» du nombre d’«estivants» qui nous est livré au terme de chaque été, ni le sens qu’on veut donner à ces résultats, ni aux «consommateurs» auxquels l’opération est destinée. 
D’abord cette imposture qui n’a jamais dupé personne : les chiffres émanent essentiellement des équipes de la protection civile qui essaiment les côtes algériennes à cette période de l’année. 
En guise d’évaluation de l’afflux d’estivants, il s’agit plutôt d’une comptabilité approximative des entrées à la plage. Pour prendre la mesure du comique de la chose, il suffit de savoir que quelqu’un qui va se baigner deux fois par jour pendant un mois, cela fait de lui… 60 estivants ! C’est ce qui gonfle à n’en plus finir ces chiffres, avec l’arrière-pensée évidente qu’ils impliquent des étés réussis et tant que faire, quelque performance en matière de développement du… tourisme. Eh, oui, parce que c’est le «concept» qui est utilisé pour nous parler des habitants des régions côtières qui ont l’habitude de piquer une tête à un moment ou un autre de la journée, des groupes de villageois qui louent un minibus, un fourgon ou parfois un taxi pour aller découvrir ou revoir la grande bleue. On aura même remarqué qu’aucune autre forme de détente et de ceux qui s’y adonnent ne sont comptabilisés en l’occurrence. Leur nombre est certes dérisoire mais ça aurait pu quand même «booster l’affaire», en utilisant les mêmes techniques «statistiques». Puisque le seul objectif est d’entretenir l’illusion que quelque chose se passe dans le pays en matière de tourisme, quand bien même il serait… local, alors autant aller jusqu’au bout de la triche. Cela s’ajoutera aux autres «touristes» que constituent nos compatriotes émigrés qui viennent chaque année passer une ou deux semaines… chez eux. Ils ne paieront ni l’hôtel ni une autre forme d’hébergement, ils prépareront de petits plats dans leurs cuisines, ils ne sont pas vraiment intéressés par quelque loisir parce que ce n’est pas vraiment ce qu’ils viennent chercher ici et de toute façon, il n’y en a pas.
Par-dessus tout, ils changeront leurs euros à 1 contre deux cents chez le cambiste du coin ! On les appellera bien évidemment les «touristes émigrés». Pour  entretenir l’illusion toujours, on ira, caméra sur l’épaule et le micro tendu, les cueillir dans les ports et aéroports afin qu’ils nous disent leur bonheur d’être là et la chaleur de l’accueil qui leur a été réservé. Les touristes de la vraie vie, eux, on les verra dans d’infernaux embouteillages sur la route de… Tunis ou dans d’indescriptibles salles d’embarquement pour la Turquie, l’Espagne, la France et maintenant d’autres pays plus «tendance».
Pour espérer «voir» un mouvement dans l’autre sens, il faudra encore attendre qu’on nous livre d’autres chiffres. Aussi virtuels que les… comptages de la protection civile à l’entrée des plages !
S. L.

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