Rubrique
Constances

Morceli, la grande galère

Publié par Slimane Laouari
le 17.02.2020 , 11h00
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Il se raconte çà et là que depuis sa nomination comme « secrétaire d’État chargé du sport d’élite », l’ancien champion d’athlétisme Nouredine Morceli erre comme une âme en peine de son bureau au couloir de la bâtisse qui lui sert de siège, ne sachant comment occuper son temps et peut-être bien se demandant ce qu’il est « venu faire dans cette galère ». Dans l’absolu, l’idée n’est ni nouvelle ni forcément vouée à l’échec pourtant. La désignation de femmes et d’hommes à des responsabilités politiques quand il n’y a que leur image à fructifier dans leur domaine de prédilection n’a pas toujours été couronnée de réussite mais il y a eu des cas exemplaires de par le monde où les résultats ont été au bout de quelques nominations. Pour cela, il a toujours fallu que les missions dont ils ont été chargées soient claires et le mérite personnel des « heureux élus » établi. Le « mérite », non pas en termes de qualification dans leur domaine mais en termes d’investissement personnel pour la promotion de l’activité qui est la leur, à sa périphérie ou en dehors. En l’occurrence, les exemples de femmes et d’hommes engagés dans le développement de secteurs qui leur tiennent à cœur par passion personnelle ou par dévouement humain ne manquent pas. Dans notre pays, on ne peut pas vraiment dire que les quelques tentatives du genre ont été de grandes réussites. Et pour cause, les objectifs qui ont motivé ce type de promotions ont toujours été velléitaires, sinon douteux. Ça ne pouvait donc donner que les choix de l’emploi. Quand il est arrivé que l’un d’entre eux soit compétent et honnête, il se rend rapidement compte qu’il est dans une… galère parce qu’on ne lui donne pas les moyens de sa mission. Il n’a peut-être pas été… nommé pour ça ! Quelques mois après la nomination d’un éminent professeur de médecine comme ministre, la formule était dans toutes les bouches : le pays a perdu un excellent médecin pour gagner un mauvais ministre ! Nouredine Morceli a été un immense champion de demi-fond et, à ce titre, il a donné ses plus belles consécrations internationales à un pays qui n’en a pas eu beaucoup, en dépit de son immense potentiel. Le problème est qu’en dehors de ça, on le voit mal penser un projet sportif, surtout que, manifestement, on ne l’a pas entouré de bienveillantes sollicitudes. La « totale, quoi. De son parcours, on ne retiendra ni engagement désintéressé, ni colère utile, ni alerte indignée. Dans un sport national gangrené par la rapine et la gabegie managériale, il ne manquait pourtant pas de raisons d’en avoir. C’est ce qui aurait pu lui valoir une image et en faire une figure populaire que les performances sportives ne suffisent pas à forger. Ceux qui l’ont choisi ne doivent pas le savoir. Ou alors ils savent et c’est pour ça qu’ils l’ont choisi. Et si ça peut faire une consolation, Morceli a au moins le mérite d’avoir été bon dans son domaine. Ce n’est pas sûr pour d’autres ministres ou secrétaires d’État, censés être nommés pour les mêmes motivations : l’image, la jeunesse, les créneaux innovants…
S. L.

 

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