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Constances

Rassurez-vous, le changement, ce n’est pas maintenant !

Publié par Slimane Laouari
le 24.11.2021 , 11h00
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L’article 187 de la loi de finances 2022 aura quand même été intéressant en ce sens qu’il aura suscité un semblant de vie politique dont les Algériens ont désespéré depuis longtemps. Pour autant, il n’y a pas de quoi s’enflammer. Surtout pas ça. D’abord parce que ce n’est pas vraiment un bon signe qui… annonce le renouveau, qu’il soit politique ou d’une tout autre nature. Quand les choses changent à cette échelle-là, il y a des prémices, puis des indicateurs de plus en plus importants et de plus en plus nets pour en donner le signal. Du moins en susciter l’espoir. Ensuite parce que tel qu’on en a vu le «déroulement», il est difficile de croire à une mesure réfléchie, dans son fond comme dans sa forme. Conçue sans mécanismes, sans délais et sans… terrain d’application, la réforme des subventions de l’État a suscité d’abord ces «réserves» d’une Assemblée dont on n’attendait pas vraiment ce genre de «rébellion». 

Sur ce plan, on a été vite… rassurés. Soutenir que tout a été cousu de fil blanc est peut-être exagéré. Mais imaginer un seul instant une tension «refus d’obtempérer» relèverait du délire. Les uns comme les autres ne manquent pas d’arguments et pour cause : dans les travées de l’Hémicycle, il y a eu autant de gesticulations folkloriques, d’éclats de voix inutiles et d’indignations douteuses que de… compromis tirés par les cheveux. C’est bon, on vous accorde vos contestations, on peut même faire semblant de vous prendre au sérieux mais pas d’illusion quand même, on ne vous cède rien sur l’essentiel. Et ça tombe bien en plus ! Un bonheur ne venant jamais seul, il n’y a même pas… d’essentiel qui vaille la contradiction. 
Le changement, ce n’est donc pas pour maintenant ; il arrivera — éventuellement — à l’orée de 2024. Deux ans pour préparer une mesure dont on ne sait même pas le niveau de pertinence ou pire. Il suffit de suivre les propos de l’armée d’experts mobilisés pour en parler : ils veulent plus… rassurer sur le fait que la suppression des subventions, ce n’est pas maintenant, plutôt que d’en expliquer l’efficacité économique et la justice sociale. Pour la petite histoire, l’une des questions de fond a quasiment été zappée : quel sera le seuil de fragilité qui déterminera les bénéficiaires du chèque compensatoire. Ça va être dur d’en parler ; l’érosion du pouvoir d’achat a fait qu’il y a tous les jours de nouveaux candidats au statut de nécessiteux, il y a trop de revenus intraçables pour une mesure destinée aux situations de transparence et la gestion de ce genre d’entreprise a rarement brillé par sa régularité. Mais d’ici 2024, on a largement le temps de tout régler, n’est-ce pas ?
S. L.

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