Rubrique
Constances

Retour sur les lieux…

Publié par Slimane Laouari
le 14.06.2018 , 11h00
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Ce n’est plus la dame agressée «alors» qu’elle faisait son footing dans la forêt de Bouchaoui qui fait l’actualité mais tout ce qu’elle a engendré dans son sillage. On devrait peut-être commencer par s’excuser pour cette erreur de sémantique qui n’est pas anodine : cette femme n’a pas été agressée alors qu’elle faisait son jogging mais… parce qu’elle faisait son jogging ! A moins que, les choses étant au point où elles sont parvenues, elle n’ait été ciblée tout simplement parce que c’est… une femme ! Après tout, les exemples en la matière ne manquent pas et le dernier n’aurait fait preuve d’aucune originalité, dans le cas où il aurait agi «spontanément», comme il est de bon ton depuis des années. Avec l’indifférence générale comme «réaction», l’impunité comme… sanction et maintenant la consécration héroïque comme prime. On aura constaté que de l’autre côté de la barrière, la touchante témérité des quelques «brebis galeuses» qui se sont retrouvées aux Sablettes pour un footing de solidarité n’aura pas ébranlé grand monde. En dépit de la respectabilité et du courage de leur élan, ce serait manquer de réalisme que d’y voir un mouvement d’indignation à la hauteur de l’horrible agression en question. Bien sûr, il y a encore quelques disponibilités à la résistance et la résignation ne s’est pas encore installée sur chaque pan de la société, sinon, les agresseurs de femmes n’auraient peut-être plus de boulot ! Par contre, il y a du… travail pour tous ceux qui ont un autre projet, une autre idée et un autre rêve pour le pays. Parce qu’il ne faut pas avoir peur des mots, si l’intégrisme n’a pas (encore) tout gagné, il est évident qu’il a pris le dessus ou, pour reprendre l’usitée formule de foot, il mène largement au score. Et ceux qui ont mis un peu trop d’euphorie dans le fait qu’une dizaine de courageux femmes et hommes aient esquissé quelques foulées aux Sablettes pour dire à la femme agressée qu’elle n’est pas seule et à ses agresseurs qu’ils ne font pas peur à tout le monde, devraient peut-être remettre les pieds sur terre. Parce que, dans la foulée -sans jeu de mots - c’est paradoxalement cette initiative solidaire qui a mobilisé plus chez les autres. Eux ne perdent jamais le nord, se trompent rarement d’ennemis et comprennent vite les grands enjeux. Ils veulent une société anesthésiée, inerte, qui facilite le coup de grâce en vue de la soumission définitive. Et ils ont commencé à y prendre goût, jusqu’à perdre l’habitude des sursauts d’orgueil du genre. Il n’y a qu’à voir avec quelle férocité ils ont pris le footing solidaire des Sablettes pour s’en rendre compte. Les appels à la «vitriolisation» ne ciblent même plus les femmes qui osent faire du sport en tenue décontractée mais toutes celles qui «mettent un pied dehors». Et ce sont celles qui ont eu l’outrecuidance de manifester leur soutien à la dame agressée qui en ont le plus pris. Passe encore qu’il subsiste quelques extraterrestres qui bravent «l’interdit», ils s’en occuperont. Mais que cela suscite la moindre sympathie dans le corps social censé être définitivement normalisé, il n’en est pas question. Et ça pousse plus loin dans la menace. Redouter quelque sanction de la force publique ? Ils n’y pensent même pas. Sinon, ils n’en seraient peut-être pas à ce stade de violence, avec une aussi nonchalante arrogance.
S. L.

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