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Constances

Syrie : une petite guerre pour Macron ?

Publié par Slimane Laouari
le 16.04.2018 , 11h00
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Il faut écouter le brave ministre des Affaires étrangères français dont on a eu à apprécier, par ailleurs, et la pertinence et le sens de la mesure. Il était horriblement mal à l’aise quand il était question de répondre à des questions précises. Sur la question, la presse de son pays n’a pas été un modèle de professionnalisme, voire d’éthique, mais il y a des interrogations sur lesquelles elle ne pouvait pas faire l’impasse. Sinon, elle aurait franchi une… ligne rouge tout de même plus évidente que les armes chimiques que le régime syrien aurait utilisées contre son «peuple». A la question donc de savoir s’il y avait des preuves tangibles de ce qui a motivé les bombardements sur Damas et sa périphérie, Jean-Yves Le Drian, qu’on a connu beaucoup plus brillant sur d’autres sujets et dans d’autres circonstances, a lamentablement cafouillé. Et les traits tirés, certainement dus à une nuit… des longs couteaux, n’expliquaient pas tout : il n’avait aucune réponse crédible à la question et il a tenté de s’en sortir comme il pouvait. Une réponse de bric et de broc, qui va des témoignages d’ONG au-dessus de tout soupçon à des documents gardés au chaud, en passant par des certitudes tenues dans les états «jurisprudentiels» de Bachar Al-Assad ! Un argumentaire dont le moins qu’on puisse dire est qu’il ne lui ressemble pas, mais on peut lui faire tous les procès sauf celui d’être dans la logique de son Président qu’il a rejoint pourtant dans les conditions que l’on sait, ce qui lui aurait laissé tout de même une certaine liberté qui ne pouvait aboutir en l’occurrence qu’à une remise de tablier. De Manuel Valls, on n’attendait, par contre, pas autre chose. Il a été «égal à lui-même». En dépit du fait qu’il ne soit pas vraiment aux affaires, il a donné un autre gage de sa disponibilité opportuniste, après avoir quémandé un strapontin parlementaire quand sa carrière était à l’orée de la désintégration. Et ça ne pouvait pas mieux tomber, puisque l’agression contre la Syrie rejoignait opportunément ses choix idéologiques, dont le manifeste engagement sioniste est la toile de fond. Il fallait l’entendre quand il s’en prenait à Jean-Luc Mélenchon coupable de faire entendre un autre son de cloche pour comprendre cela. Il fallait l’entendre quand il s’en prenait à une «partie de la droite» qui n’a pourtant demandé que des «explications» pour prendre la mesure de son zèle. Un zèle que ne pouvait pourtant pas lui disputer le grand chef : Emmanuel Macron qui, en plus de ses choix stratégiques, veut visiblement «sa petite guerre» comme on l’a dit, n’a même pas pris la précaution du modus operandi formel vis-à-vis des institutions dont il est la plus haute incarnation. A tel point que, conscient d’une bourde dont il pouvait faire l’économie sans grands encombres, il a fait convoquer un congrès parlementaire par son Premier ministre pour… consultation sur une décision déjà consommée ! Une décision qui demandait à ce qu’on mette tous les atouts de son côté. Une fois exécutée, on peut en parler. Ça ne coûtera rien, comme les armes chimiques d’Irak qui n’ont jamais existé. Et maintenant les armes chimiques de Syrie qui n’existent pas. Ou dont on ne connaît pas l’utilisateur.
S. L.

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