Rubrique
Constances

The day before

Publié par Slimane Laouari
le 16.05.2018 , 11h00
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Ça a commencé depuis quelques jours déjà mais hier, c’était un peu «spécial». Il fallait être au marché pour se rendre compte que la folle ruée vers les provisions, ce n’est ni une invention de croyants blasés, ni une énième médisance d’impies à l’affût. Elle est bien réelle et bien plus que vous ne pouvez imaginer. Qu’est-ce que vous voulez, il y a des choses comme ça. Plus on en parle comme d’un dangereux dérapage, plus on les dénonce comme de coupables errements, plus ils grandissent, s’élargissent et explosent dans toute leur splendeur. Si vous n’avez pas été hier au marché, vous avez peut-être perdu l’occasion de sentir la grande ruée, y compris dans votre chair. Parce que jeûne ou pas encore, les bousculades pour la grande bouffe peuvent vous valoir des mots pas spécialement agréables à entendre ou pire : des ecchymoses. Mais le jeu en vaut la chandelle, n’est-ce pas ? Ce n’est peut-être pas tout à fait un jeu mais au point où on en est, on peut le prendre comme on veut. Et si on commençait par quelque chose qui ne se mange pas, histoire de suggérer que la bouffe n’est peut-être pas tout chez un jeûneur et que la spiritualité n’est pas une vue de… l’esprit, jeu de mots mis à part ? La voilà donc, la grande nouveauté de Ramadhan 2018 ? La star du marché : un pack bien emballé avec des paillettes, des couleurs et une imagination débordante. Il comporte un exemplaire du Coran rose, un khimar et une lanterne aux formes d’El-Qods. Génial, non ? La chose devait se vendre sur internet par une futée jeune fille qui n’a pas perdu le nord en se tournant vers… l’Est. Mais c’est vite arrivé dans les marchés, on n’arrête pas le progrès. C’est 5 000 dinars pièce mais c’est donné, par rapport à ce que ça rapporte comme bonus et surtout comme bonne conscience. On ne fait pas que bouffer ? Bien sûr, mais hier, il fallait faire le plein. Il n’y avait presque pas de doute sur le jour «J», on ne sait pas si c’est grâce à la petite dose de rationalité que propose Sirius à partir de Constantine ou au diktat chronique de l’Arabie Saoudite. Mais qu’on jeûne mercredi ou jeudi, il y a une nuit du doute «conventionnelle» à respecter. Hier, il fallait être au marché et le nouveau pack avec des couleurs et des paillettes est un détail de l’histoire petit «h». Des pruneaux encore et toujours, des raisins secs pour changer, des diouls bien évidemment, des amandes pour se distinguer, du poulet à n’en plus pouvoir, de l’agneau comme sacerdoce, des épices jusqu’à l’overdose, des tomates comme si c’était les dernières avant l’apocalypse, des courgettes sanctuarisées, de la vaisselle jusqu’à se demander si tout le monde n’allait pas ouvrir un restaurant et du frik artisanal en quantités… industrielles. On vend tout et tout le monde achète n’importe quoi. Ne le dites pas aux uns, au marché du jour d’avant, on ne vend que le nec plus ultra. Ne le dites pas aux autres, dans les cuisines de jeûneurs, on ne prépare que le plus raffiné. Bien évidemment, il n’y a pas que la bouffe, pendant le Ramadhan.
S. L.

CHRONIQUE
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