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Constances

Un fait divers pas si divers que ça

Publié par Slimane Laouari
le 25.11.2021 , 11h00
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La police de Sidi Bel-Abbès a arrêté un quadragénaire qui pointait régulièrement devant le distributeur automatique de billets, « DAB » pour ceux qui sont assez masos pour s’infliger un diminutif aussi barbare. Il faisait quoi, le « jeune » homme de quarante ans devant la machine ? Il volait les vieux retraités, ou les escroquait si d’aventure il y a des gens qui arrivent à saisir la nuance entre les deux. Un ami particulièrement pointilleux à qui j’en ai parlé avant la rédaction de ces lignes a réagi au quart de tour et il a peut-être raison. De toute façon, je ne lui ai pas dit qu’il avait tort pour plein de raisons, dont la plus déterminante est qu’il était chez moi au moment précis. Un vieux principe veut qu’on ne contredise pas un invité même en y mettant un énorme trésor de courtoisie. C’est vieillot, peut-être bien ringard mais votre serviteur y tient encore, allez savoir pourquoi. Histoire de ne pas aller trop long dans ce détour déjà assez long comme ça, revenons quand même à ce fait divers qui n’est peut-être pas si… divers que ça. Comme tous les autres d’ailleurs, la formule étant juste inventée pour donner un titre générique à des faits de société qui ont trait à la vie ordinaire même s’ils peuvent être parfois extraordinaires. Le voleur - ou l’escroc, le choix est libre - de 40 piges attendait donc devant la « machine de la poste ». Dans la foulée, on se rappelle que nous sommes les seuls à désigner comme « jeunes » des quadragénaires, un âge où on pouvait être éligible à la retraite dans un temps pas si lointain que ça. Après le souvenir, il y a la découverte, puisqu’on se rend compte à la faveur de ce fait divers pas si divers que ça, qu’il y a beaucoup de retraités qui ne savent pas utiliser une carte bancaire mais se présentente quand même devant le DAB pour solliciter l’aide des autres, avec tous les risques imaginables. La preuve, le bonhomme proposait ses services et dès qu’il a un « client », il effectue l’opération, laisse les billets en « suspens », prétexte une panne technique au vieil homme qui s’en va la mort dans l’âme. Et le voleur — ou l’escroc — récupère tranquillement le fruit de son travail ! Puis, tout se bouscule dans la tête de celui qui lit ça ou en a entendu parler dans la ville. Il se rend compte que si nous sommes à la traîne en matière de nouvelles technologies, nous devons être quand même bien classés quant à l’usage frauduleux, délictuel ou carrément criminel qu’on peut en faire. Et puis à quoi servent les « cartes bancaires » si elles ne… servent qu’à retirer des billets et augmenter le volume du liquide en circulation qu’elles sont censées atténuer ? Conclusion un peu trop sérieuse ? Oui, en voilà une autre, d’ailleurs : en hivers comme d’autres saisons, un fait divers n’est jamais si divers que ça.

S. L.

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