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Contre poings

Dr Slamani : «l'Algérie est schizophrène»

Publié par Meziane Ourad
le 29.04.2021 , 11h00
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D'où sortent ces nouveaux prophètes, ces charlatans, bardés du Coran dont ils n'ont jamais lu le dixième des 600 pages, qui délivrent quotidiennement, et à qui mieux mieux, des fatwas contre des individus, des groupes, et depuis peu, contre des régions entières! Plus particulièrement contre la Kabylie, cet ennemi alibi qui joue le rôle de souffre-douleur des racistes de tout acabit que compte notre belle mais malheureuse Algérie ! 
Cette Algérie définitivement souillée par la religiosité, «les caisses d'opium» importées d'Orient par ceux qui ont trahi le peuple qui s'est levé comme un seul homme, qui a sacrifié tant de ses enfants pour chasser le  colonisateur de sa terre ! Se souviennent-ils ces gourous made in Kandahar des martyrs tombés dans les ruisseaux, devenus remugles, aujourd'hui que leurs supposés frères, planqués jusqu'à 1962 dans les pays frontaliers, trahis dès l'indépendance proclamée ? Savent-ils que pour avoir le droit de roter, aujourd'hui, il a fallu que des jeunes patriotes pauvres mais dignes offrent leurs poitrails, leurs vies à plusieurs étapes de l'existence de cette caserne, ce grand bagne qui se prétend une république démocratique et populaire. 
L'Algérie a mangé beaucoup de ses enfants. Elle en a chassé d'autres. Des centaines de milliers. 200 000 morts en 10 ans, 128 en quelques mois ! Et combien de disparus, d'emprisonnés arbitrairement, aujourd'hui ? Le docteur Brahim Slamani, psychiatre dans un hôpital français, est une victime collatérale de cette Algérie haineuse, de cette junte putschiste endémique, alliée par nature à l'islamisme meurtrier. Après de longues années de médecine à Alger, lui l'enfant de Larbaâ-Nath-Irathen, adopté par la Mitidja, a exercé son métier de psychiatre à l'hôpital Frantz-Fanon de Blida, pendant neuf ans. il l'a quitté écœuré, en 1993. Vous imaginez ce qu'il a vu dans l'asile de fous de la capitale de ce qu'on appelait, alors, le triangle de la mort ! Un jour, il croise dans les couloirs de l'hôpital une patiente qui bêlait de façon ininterrompue. Il comprendra, en consultation, qu'elle avait vu toute sa famille se faire égorger... 
Il a côtoyé le drame quotidiennement, le docteur Slamani. Il n'en parle plus trop. Comment raconter les années qui ont précédé, celles qui ont suivi ? Comment décrire ces salles de l'hôpital psychiatrique où on entassait jusqu'à cent malades par salle et où, à tout moment, une tragédie pouvait se jouer ? Parti de Frantz-Fanon, Brahim Slamani, qui était, en ce temps, membre du bureau régional du RCD, et, surtout, secrétaire général de l'Association algérienne des droits de l'enfant — ce qui n'était, vous le devinez, pas une tâche facile à l'époque —, ouvre un cabinet privé à Bou Ismaïl. En pleine décennie noire ! On ne s'y attendrait pas, les clients-patients ne manquaient pas. Les déglingués peuplaient les rues du pays en ce temps-là. N'oublions pas... Les terroristes aussi foisonnaient, ils étaient partout. Ils connaissaient tout le monde, assistés qu'ils étaient par une population terrorisée et devenue, naturellement, supplétive. Ils lui ont rendu visite à deux reprises. Il a compris que son sort était scellé. Il a fait comme tous ses compatriotes qui ont un tant soit peu fréquenté l'école, il a pris le chemin de l'exil. Un vrai chemin de croix ! «C'est l'assassinat de Boudiaf qui a fini par avoir raison de ma volonté de résister», Brahim abandonne provisoirement femme et enfant et se retrouve en Haute-Savoie où il va faire connaissance avec la discrimination géographique. Il lui faudra moult stages et concours pour se faire reconnaître sa qualité de médecin puis de spécialiste en psychiatrie. 
Aujourd'hui, bien installé, proche de la retraite qu'il appelle de ses grands vœux, il songe à son Algérie : «J'y suis toujours rivé! Même dans mon alimentation. Je mange ici ce que j'aurais pris dans une gargote de la rue Tanger !» Le pouvoir algérien, analyse-t-il, est schizophrène, le peuple, poursuit-il, est immaturisé, marqué par un handicap qui lui interdit tout accès à une analyse objective de sa situation. Le peuple est définitivement résigné, dit le docteur qui poursuit : «Il enfonce chaque jour, un peu plus, le clou planté par le pouvoir. Il se greffe là-dessus une paranoïa collective qui désigne une main étrangère qui mènerait une croisade contre les peuples musulmans.»
M. O.

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