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Rubrique Contre poings

Mina Medjoubi : je n’ai rien oublié !

J’ai appelé la femme de Azedine Medjoubi pour demander des nouvelles de sa santé, elle a fondu en larmes. Elle a déversé autant de pleurs qu’il y avait dans la mare de sang qui avait enveloppé son mari le jour de son assassinat, à deux pas de l’entrée des artistes du Théâtre national algérien.
Mina, l’inconsolable veuve de Azzedine et mère de Kheiredine et Badredine, ses deux enfants, se souvient avec une douleur impossible à cacher de ce jour d’août 1972, où, jouant une pièce de Alloula adaptée par Boukhatem Noureddine, elle a croisé celui qui allait être le papa de ses fils.
La pièce où ils se partageaient deux rôles était mise en scène par Hadjouti Boualem, devenu plus tard maire d’Oran.
Signe des temps, la pièce s’intitulait : Eddi wella khelli.
Medjoubi n’a rien pris et n’a rien laissé !
Comme tous les artistes, il est parti une main devant, une main derrière !
Mina raconte  : Azzedine avait été envoyé par Alloula pour former deux troupes d’amateurs à Saïda. Sa femme était, en ce temps-là, comédienne et accessoiriste.
Mina était une femme d’une grande beauté, elle était comédienne stagiaire et Azzedine tenait la vedette dans la pièce El Khobza. Tout s’est déroulé le jour de l’inauguration de la salle El-Feth de Saïda.
Incident technique, la malle qui contenait les costumes de comédiens ne voulait pas s’ouvrir. Mina, paniquée, a cherché du secours et Azzedine Medjoubi s’est proposé de l’aider.
Le beau gosse lui fait les yeux doux. Réponse de Mina le premier jour : « Fous-moi la paix ! » 
Quelques jours plus tard, réunis par Boumediène et le projet onirique de notre chère Révolution agraire, ils se sont aimés, ils se sont embrassés puis ils se sont mariés.
Un vrai conte de fées qui a débuté par l’amour du texte.
Azzedine Medjoubi a séduit sa femme en lui proposant de décrypter ses répliques.
Zerrouki Boukhari était le scénographe de la pièce. Il a assisté à la naissance de l’étincelle. L’étincelle s’est transformée en brasier. Ils se sont mariés le 13 décembre 1973.
Artistes sans domicile fixe, ils ont été logés dans un ancien bordel désaffecté qui portait l’enseigne du Soleil, à l’ancienne rue de la Lyre, pendant dix ans.
13 février 1995, deux balles crépitent dans l’impasse qui mène à l’entrée des artistes du TNA. Ce jour-là, sur la scène du théâtre, Ahmed Bénaïssa dirigeait la répétition d’un spectacle pour enfants avec le Ballet national.
Bénaïssa raconte : « J’ai entendu les coups de feu. J’ai compris que Azzedine était tombé. Je suis sorti en courant, je l’ai trouvé par terre à l’angle de l’impasse. Il baignait dans son sang. Il est mort dans mes bras. »
À ce moment-là, Mina se trouvait à la maison. La sonnerie du téléphone a retenti. En décrochant, elle a reconnu la voix de la couturière du théâtre. Elle avait compris instantanément que Azzedine venait d’être tué.
Le même jour, à la même heure, en sortant de chez lui pour aller au journal El-Moudjahid où il travaillait, Hamid Aberkane échappait miraculeusement à un attentat. C’était la même équipe de tueurs qui opérait.
Si Azzedine avait échappé à cet attentat, nul doute qu’il aurait été hirakiste
M. O.

 

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