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Contre poings

Zedek : «la chanson a sauvé notre langue»

Publié par Meziane Ourad
le 17.06.2021 , 11h00
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Jean-Paul Sartre philosophant, tentait une comparaison entre la force et la violence. Il sort, alors, un mot incroyable. Presque nul mais chargé de sens. Il dit : «Imaginez un quidam qui veut ouvrir une bouteille de vin (haram !), il essaie. Il tire sur le bouchon. II y arrive. Il a utilisé sa force. Il y est arrivé. Un autre essaie, il n'y arrive pas. Il s'énerve, il casse la bouteille. La force et la violence se situent là.
«À soixante ans, maintenant qu'il est mûr, il me semble que Zedek Mouloud a tout compris. Dieu ! Écoute-le-t-on souvent ? Jeune, à peine soixante ans, il sait déjà tout de nous. À treize ans, il a commencé à gratter sa première guitare sur les rives de l'oued qui borde les rives de Takhoukht. Plus tard, cette rivière devenue le barrage de Taksebt, il chantera, portera les rêves des enfants des alentours qui, sur ces berges, viendront noyer leurs illusions dans des barbecues étouffés par la bière. 
Zedek Mouloud est un grand chanteur. Avant tout, un grand poète. Je peux en parler sans notes parce que je l'écoute sans notes. Pourquoi ? Je l'entends tout le temps, en boucle. Le voici rangé parmi tous les grands. «Moi, il me rappelle René Charles et Mohamed Ismael Abdoune. Deux fous du verbe !» D'où sort cette dérive ? Il me rappelle Ahmed Cheniki, sa grotte du Télemly, il me rappelle Metref Arezki, Lounis, Lounès...
Zedek Mouloud est un héritier. Un bon héritier. De qui ? Il dit qu'il est l'enfant de Slimane Azem, un grand-père né à quelques centaines de mètres de Aït Khalfoun, le village de Zedek. Il dit qu'il est né au cœur de ces mots qu'il écoutait sans cesse et qu'il répétait avec sa petite musique en contrebas de son village. Des moments de rêve ! 
Comptable, économe, archiviste... Zedek a fait plein de métiers. Là-bas, ici. Il a surtout appris à chanter. À se battre. Il n’y en a pas beaucoup parmi ses pairs qui ont pris le même chemin. Est-il l'héritier de Matoub ? Il n'aime pas ce comparatif. «Nous sommes de Ath Douala tous les deux, tu penses bien que nous étions amis. Chacun de nous avait sa personnalité.» 
Ce qui est, aujourd'hui, avéré, c'est que Zedek, qui descendait à Tizi-Ouzou ce jour maudit du 25 juin 1998, est arrivé à Tala Bouinane au moment où Lounès, son ami, venait de rendre l'âme ! D'après vous, qu'est-ce qui s'est passé dans la tête de Zedek à ce moment-là ? C'est à ces instants que s'invite la folie. 
J'écoute ses chansons tous les jours. Ses mots défendent souvent sa Kabylie. Ses mots sont à écouter. Il fait de la poésie à tiroirs. Il faut aller chercher dans le verbe ce que le vocable dit. En réalité, Zedek est un fou chantant. Il tient beaucoup de Si Mohand ou M'hand. Un peu de Mohia. Bref, c'est un des nôtres ! 
Zedek avance avec son peuple. Ce peuple un peu paumé. Ce peuple qu'il aime. Nous avons parlé un peu de cette revendication indépendantiste kabyle. Il adore Ferhat. Il partage beaucoup d'idées avec lui mais il continue à se battre pour son Algérie. 
Zedek sait. Nous savons avec lui que ce qui nous attend, c'est la bagarre. La bataille. D'abord, pour la reconquête de notre identité amazighe et pour toutes ces libertés que nous avons égarées en cours de route. À la vie nous appartenons, à la vie nous reviendrons !!! 
M. O. 

 

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