Rubrique
Contribution

Déclaration du Collectif des professeurs en sciences médicales

Publié par LSA
le 13.05.2019 , 11h00
1211 lectures

Le Collectif des professeurs en sciences médicales s’est réuni ce jour jeudi 9 mai 2019, la veille de la 12e marche populaire et hebdomadaire du vendredi 10 mai, et cinq jours après le discours du chef de l’Etat annonçant le maintien de l’élection présidentielle à la date du 4 juillet 2019, pour faire le point sur la situation du pays qui justifie largement la non-tenue de ces élections à la date programmée.
- Vu le moment historique que vit notre pays à travers les marches populaires et pacifiques, revendiquant une seconde République et la fin de la mainmise sur la patrie d’un clan mafieux ; revendications légitimes dont le peuple attend avec impatience la concrétisation pour fêter sa seconde indépendance.
- Au moment où les Algériens étaient aussi unis et si près du but, qu’ils ont forcé l’admiration à l’international, notre pays se retrouve dans une impasse qui ne fait qu’aggraver sa situation politico-économique.
- Vu que le peuple avait revendiqué une rupture totale avec le système, et non pas un remaniement ministériel mais un nouveau gouvernement de transition chargé de mettre en place ses revendications.
- Vu que le gouvernement actuel est un gouvernement de conjoncture, non seulement nommé, mais auparavant choisi, par des forces non-constitutionnelles dénoncées par tout le peuple algérien, mais aussi par l’état-major de l’Armée nationale populaire. Un gouvernement qui nous fait penser que nous sommes en plein 5e mandat sans Bouteflika.
- Vu que le maintien des élections à la date du 4 juillet 2019 permettra à des professionnels de la fraude électorale d’organiser et de gérer celle-ci pour le compte du clan.
Le Collectif des professeurs en sciences médicales se pose les questions suivantes :
- Qui, aujourd’hui, commet un acte aussi grave et suicidaire, que celui d’ignorer les revendications de dizaines de millions d’Algériens à travers leurs marches quotidiennes dont le mardi pour les étudiants et le vendredi pour l’ensemble de la population ?
- Qui peut nous dire, au cas où les élections sont maintenues au 4 juillet et que nous irons vers un second tour, qui gérera le pays entre les deux tours, vu que le mandat du président de l’Etat actuel aura pris fin le 9 juillet ?
- Comment faire confiance à une Assemblée populaire nationale qui a cadenassé hier les portes de l’APN pour en exclure son président et installer à sa place Bouchareb, et qui s’apprête aujourd’hui à voter une motion de défiance à l’encontre de ce dernier pour le destituer et réinstaller à sa place Bouhadja. Loufoque !
- Qui, aujourd’hui, nous refuse une solution politique, invoque la Constitution pour mettre en place un Président de transition, mais ignore totalement celle-ci quand il s’agit de mettre fin aux fonctions de certains, et de nommer d’autres à leur place ? 
- Qui, aujourd’hui, tente de se refaire une virginité politique en faisant table rase d’un passif aussi lourd, considérant ainsi les Algériens comme un peuple d’amnésiques ?
- Qui sera demain responsable et comptable de la catastrophe pour notre patrie, d’élections maintenues par le pouvoir du plus fort ? Tout indique que des élections organisées dans un délai aussi court (04/07) seront désastreuses pour le peuple algérien.
- Qui peut nous indiquer aujourd’hui, quelle sera la facture à payer par le peuple algérien, lorsqu’on continue à appliquer la politique de la planche à billets ? 
Au vu de ce constat démoralisant à plus d’un titre, le Collectif des professeurs en sciences médicales :
- Réaffirme sa proposition du maintien de la période de transition avec un présidium, à mettre en place dans les meilleurs délais, et un gouvernement de transition aux pouvoirs élargis, sous le contrôle permanent du peuple, pour mieux appréhender les problèmes et répondre aux revendications populaires sans être l’otage d’une Constitution totalement obsolète et violée en permanence pendant ces deux dernières décennies, dès son adoption par les deux Chambres (dont l’ex-président du Sénat aujourd’hui président de l’Etat) sans passer par le référendum (article 208 de la Constitution). Cette loi portant projet de révision constitutionnelle repoussée par le peuple devient caduque (article 209).
- Considère que l’exercice de la justice doit se faire dans la sérénité et dans le respect de la présomption d’innocence ; et que la stigmatisation des acteurs économiques est un facteur de déstabilisation socio-économique du pays. D’autres méthodes et procédures pour mettre à l’abri notre patrie des désastres à venir existent. Pour protéger notre économie et récupérer les fortunes détournées et placées dans les banques étrangères, il est urgent d’adhérer et de ratifier la Convention du GAFI et celle de l’OCDE sur le blanchiment d’argent, et surtout faire valoir la convention des Nations-Unies de 2003 ratifiée par l’Algérie, principales voies aux côtés de poursuites judiciaires auprès des tribunaux internationaux qui permettront à l’Algérie de récupérer l’argent du Trésor public indument perçu et transféré à l’étranger et éviter que les malversations se réitèrent.
- Rappelle, encore une fois, que le peuple n’est pas sorti dans la rue pour de « vils complots », prétextes fallacieux agités pour justifier des arrestations spectacles de personnes qui pourraient  être tout simplement mises sous contrôle judiciaire, comme cela se fait dans tout Etat de droit. Il n’est pas sorti non plus pour permettre l’arrestation de femmes et hommes politiques que rien ne pourrait justifier.
- Réitère, encore une fois, la volonté populaire de se réapproprier le sigle « Front de libération nationale», qui n’est plus le parti de la République. Au-delà, la dissolution des partis de la coalition et la récupération par l’Etat des biens matériels attribués et des subventions financières accordées, permettra de répondre positivement à cette revendication populaire en les sanctionnant pour la forfaiture d’avoir présenté la candidature du Président Bouteflika et d’avoir déposé son dossier devant le Conseil constitutionnel à son insu et à l’encontre de la volonté populaire.
Enfin, conscients du désarroi de la population estudiantine devant le chaos institutionnel et l’incertitude de leur avenir, le Collectif des professeurs hospitalo-universitaires garde l’espoir d’une sortie de crise rapide pour mettre fin au désarroi et à l’angoisse des plus jeunes.
Le Collectif appelle l’ensemble du peuple algérien, jeunes et moins jeunes, universitaires, fonctionnaires et fonctions libérales, à rester mobilisés et vigilants jusqu’à la concrétisation de l’ensemble de nos revendications, afin que l’espoir né de ces douze vendredis de marches ne soit pas vain et ne soit pas détourné de ses objectifs par les forces malsaines, honnies par le peuple.
Pour le Collectif :
- Pr. M. Bessaha
- Pr. M. Bouziane
- Pr. K. Bouzid
- Pr. M. Brouri
- Pr. A. Djidjeli
- Pr. A. Djender
- Pr. F. Haddoum    
- Pr. K. Kezzal
- Pr. M. Maoui
- Pr. M. Reggabi 
- Pr. N. Zidouni.
Alger le 9 mai 2019

 

CHRONIQUE
DU JOUR

Les + populaires

(*) Période 30 derniers jours

1

Périscoop 11:00 | 21-07-2019

Le RND n’oublie pas Bouteflika et Ouyahia !

La crise qui frappe les partis de l’ex-Alliance présidentielle est on ne peut mieux illustrée par le site officiel du RND. Un site qui, en effet, vous offre d’emblée une vue qui vous replonge immédiatement dans

2

Périscoop 11:00 | 18-07-2019

Le groupe secret de Bensalah

C’est un groupe de travail constitué de cadres des ministères de l’Intérieur, la Justice, des Affaires étrangères ainsi que de la présidence qui s’est penché, il y a plusieurs semaines, sur l’élaboration du projet du