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Le lien eau-énergie-alimentation : opportunités pour faire face aux aléas du changement climatique

Par Nadjib Drouiche(*)
Au cours des dernières années, les chercheurs, académiciens et les décideurs ont de plus en plus insisté sur l'importance de la relation complexe entre l'eau, l'énergie et l'alimentation (également appelée le lien WEF) qui est souvent négligée dans les actions, les investissements et les politiques étroitement ciblés.
En effet, les ressources hydriques, en énergie qu’elle soit fossile ou renouvelable soutiennent fondamentalement la sécurité alimentaire, la réduction de la pauvreté, les moyens de subsistance et le bien-être humains, ainsi que le développement durable. Ces secteurs sont représentés par les objectifs de développement durable (ODD) 2, 6, 7 et 15 des Nations-Unies (ONU). Ces ressources provenant de divers modèles d'utilisation des terres, la synergie de ces secteurs est devenue plus évidente. Les prévisions mondiales indiquent une demande croissante d'eau, d'énergie et de nourriture au cours des prochaines décennies, induite par la croissance démographique, l'urbanisation et le changement climatique, entre autres.
La gestion durable du lien entre l'eau, l'énergie et la nourriture est essentielle à la réalisation des objectifs de développement durable. Elle est, entre autres, cruciale pour atteindre les objectifs mondiaux en matière d'atténuation et d'adaptation au changement climatique, de conservation et de préservation de la biodiversité. Cependant, la demande croissante et les intérêts concurrents liés au lien entre l'eau, l'énergie et la nourriture nous obligent à améliorer nos approches de gestion actuelles.
Avec la reconnaissance des relations entre les éléments du WEF, il y a des défis qui nécessitent de prendre en compte les trois éléments lors de l'évaluation des conséquences et de la planification des investissements, des politiques et des actions. Ces défis transversaux comprennent, par exemple: une forte poussée pour l'utilisation des énergies renouvelables, qui pourraient avoir un impact sur la disponibilité de l'eau et pour la production alimentaire; besoin croissant d'eau potable, tandis que la demande en eau augmente rapidement pour la production alimentaire, pour les activités de transformation de l'énergie et pour les villes ; les superficies irrigables utilisant une quantité importante d’eau pour la production alimentaire ; et la dépendance croissante à l'égard du dessalement de l'eau à forte intensité énergétique comme source d'eau potable et d'irrigation, en particulier dans les régions à stress hydrique.
La sécurité de l'eau, la sécurité énergétique et la sécurité alimentaire sont inextricablement liées en Algérie, comme c’est le cas pour la plupart des pays arabes. Le pays est connu pour ses besoins importants en termes de consommation d’énergie, son stress hydrique, déficit en sécurité alimentaire et l'un des pays les plus vulnérables économiquement et écologiquement au changement climatique. Cette forte interdépendance entre l'eau, l'énergie, l'alimentation, et le changement climatique dans le pays appelle à une approche et à une réflexion en lien avec la gestion de ces trois secteurs vitaux ; une approche qui intègre la gestion et la gouvernance dans tous les secteurs, et où la politique conventionnelle et la prise de décision cèdent la place à une approche qui réduit les compromis et crée des synergies dans tous les secteurs, en particulier à la lumière des objectifs de développement (ODD) et le climat.
Étant donné que ces ressources sont étroitement liées et interdépendantes, le pays pourrait bénéficier d’une politique renforcée pour relever ces défis dans le cadre d’une approche nexus. Dans une telle approche, les politiques devraient s'efforcer à optimiser les mesures dans les secteurs de l'alimentation, de l'énergie ou de l'eau tout en évitant leurs effets négatifs.
De nouvelles initiatives sont nécessaires pour conduire ce processus. Il s'agit notamment de mesures de renforcement de la confiance, de travail vers une base de connaissances partagée et améliorée, le transfert de technologie et l'innovation, la mobilisation de financements, le partage d'informations, le renforcement des capacités et des institutions, l'encouragement de la participation du secteur privé et un changement de paradigme dans les mécanismes de financement.
La population algérienne compte actuellement plus de 43 millions d'habitants et devrait atteindre les 60 millions d'ici 2050. En outre, le pays a connu une croissance économique significative avec une augmentation correspondante de la demande et changement des modes de consommation. L'épuisement et la dégradation des ressources sont présents dans tout le pays. Malgré 1 340 millions de tonnes, soit 10 milliards de barils de réserves de pétrole et un immense potentiel d’énergie renouvelable, plus de 9 millions de personnes dans le pays n’ont pas accès à des services énergétiques modernes, principalement l’électricité et l’eau. En outre, le pays est classé 29e au niveau mondial en termes de stress hydrique, ce qui en fait l’un des pays le plus pauvre en eau du monde en termes absolus et relatifs. Le pays est déjà en dessous du niveau de stress hydrique de 1 000 m3/habitant/an et la disponibilité de l'eau devrait diminuer de 50% d'ici 2050, tandis que la demande continuera de croître. L’Algérie est l’un des plus grands importateurs de blé au monde et la pandémie de Covid-19 a rendu la population encore plus vulnérable à l'insécurité alimentaire.
De plus, le changement climatique, qui est principalement dû à l'utilisation d’énergies fossiles, aux modes de consommation et à l'utilisation intensive des engrais en agriculture, est un défi supplémentaire qui aggraverait la situation critique des ressources en eau et en alimentation et intensifierait l'utilisation des ressources énergétiques dans le pays. La variabilité climatique ajoute des pressions supplémentaires et est susceptible d'induire des événements météorologiques extrêmes plus fréquents et plus intenses (tels que sécheresses, vagues de chaleur ou inondations), et des modifications des régimes de précipitation, ainsi qu'une productivité agricole moindre.
L'approche nexus vise à intégrer une gestion stratégique et une gouvernance intersectorielle et à assurer un passage de la planification sectorielle conventionnelle vers l’utilisation des opportunités offertes par les interconnexions des trois secteurs. Adopter l’approche nexus peut stimuler l'efficacité des ressources, la durabilité et la productivité en abordant les externalités intersectorielles et assurer une transition vers une énergie propre et atteindre la sécurité alimentaire.
Il existe un grand potentiel en Algérie pour accroître l'efficacité globale de l'utilisation des ressources. En outre, la réflexion sur les liens offre de réelles opportunités de synergies telles que des investissements coordonnés dans les infrastructures liées à l'eau, à l'alimentation et à l'énergie, et l'innovation pour améliorer l'efficacité de l'utilisation des ressources dans un contexte de changement climatique.
N. D.

(*) Centre de recherche en technologie semi-conducteurs pour l’énergétique - division CCPM.

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