Rubrique
Contribution

Le ciment de la résilience Pour une charte fondatrice d’un renouveau

Publié par LSA
le 25.03.2019 , 11h00
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Par Dr Mourad Betrouni
Cette modeste contribution est livrée, ici, en réaction à un article publié dans le journal Le Soir d’Algérie, du vendredi-samedi 23 mars 2019, en page 4, intitulé «Faut-il structurer le mouvement populaire ou bien le laisser mûrir ?». 
D’aucuns s’inquiètent de l’insuffisance ou du manque de structuration du «mouvement» citoyen du vendredi 22 février 2019 ainsi que de l’absence de figures éligibles à une représentation. Ce serait, de notre point de vue,  une erreur d’appréciation qui pourrait conduire à des choix stratégiques hasardeux, voire contre-productifs. Les mots «mouvement» ou «hirak» sont en soi une première déviation du sens de cet événement, en structurant le regard selon une perspective linéaire (hier - aujourd’hui - demain). Dans les faits, il s’agit d’une manifestation et d’une expression populaires, qui tirent leur substance d’un ciment — séculaire, voire millénaire — le ciment de la résilience, celui qui assure l’intégrité et génère  une force qui dépasse les capacités de rétention institutionnelle. 
Il ne s’agit pas d’une simple agrégation corporatiste, à l’image du mouvement des gilets jaunes en France, qui se décompose en groupes sociaux dûment identifiés, et dont les intérêts sont menacés par des réformes antisociales. Dans le cas algérien, ce n’est pas l’agrégation ou l’assemblage qui définissent  et délimitent  le phénomène mais sa résilience. C'est-à-dire ce ciment qui surgit des profondeurs, par capillarité et dont il faut, nécessairement,  contenir les caractéristiques pour parvenir à des significations. 
Dans sa forme «non cristalline», ce ciment s’appelle tout simplement le «peuple» et sa manifestation et son expression en sont les affleurements, des réactions, par «instinct de conservation» d’un corps solidaire contre des atteintes et agressions qui menacent son intégrité. Le sens festif et ritualisé (marches avec drapeaux dans un sens déambulatoire) de cette manifestation et de cette expression populaires est en soi révélateur de la nature du phénomène – cela nous renvoie au Sboû de Timimoun et à la Sbéiba de Djanet.
C’est donc dans le sens de la consolidation de cette résilience et non de sa fragmentation (structuration) qu’il faille orienter le regard et l’analyse, en puisant les substances essentielles des déclamations et multiples slogans qui sont, en fait, les minutes d’une véritable charte         fondatrice d’un renouveau, que d’aucuns ont appelé la deuxième République, ou plus correctement la nouvelle République.
Oui, il s’agit bien d’une révolution, dans le sens du «renversement brusque d’un régime politique par la force». La brutalité et la violence qui s’en dégagent sont exprimées dans la symbolique et la ritualisation. «Dégage» est le mot d’ordre et le mot clé qui exprime, non pas ce que sera demain, mais ce que ne sera plus demain. 
C’est là la signification que nous donnons à cet évènement historique de refondation, que les institutions légales de l’Etat — non pas du pouvoir — doivent traduire en mécanismes et instruments, pour réussir le passage à la nouvelle gouvernance. 
Constitué en festival national, cet évènement historique constituera, pour les générations futures, une station de commémoration, pour exorciser le mal, à l’image du 5 Juillet 1962.
M. B.

 

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