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Corruption

Conséquences de la corruption généralisée Dégénérescence du tissu social et obstacle au développement durable

Publié par Djilali Hadjadj
le 30.03.2020 , 06h00
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La corruption ne respecte pas les frontières, ne fait pas de distinctions économiques et gangrène toutes les formes de gouvernement. À long terme, aucun pays ne peut se permettre de supporter les coûts sociaux, politiques ou économiques qu'induit la corruption.
Il n'y a pas si longtemps, corrompre des agents publics dans des pays étrangers — dont les principaux clients et fournisseurs de l’Algérie ­— pour obtenir des marchés constituait une pratique commerciale, sinon acceptable, du moins tolérée, dans de nombreux pays. Aujourd'hui, le dossier de la corruption fait partie des principales préoccupations des pouvoirs publics à l'échelle mondiale car ses répercussions dramatiques sur le développement économique et ses effets corrosifs sur la stabilité politique et les institutions démocratiques sont devenus de plus en plus évidents.
Aucun pays n'est entièrement exempt de corruption. Mais lorsque la corruption prend des proportions telles qu'elle risque de freiner la croissance économique et de contrarier les efforts accomplis en vue d'instaurer une bonne gouvernance, elle entraîne la dégénérescence générale du tissu social. Obstacle au développement durable, la corruption peut éventuellement aggraver les disparités économiques et favoriser la criminalité organisée. En fait, si la corruption se développe sans entrave, la démocratie peut difficilement s'épanouir, la liberté se répandre, la justice prévaloir. Depuis quelques années, les efforts accomplis à l'échelle internationale pour combattre la corruption, encourager la transparence et accroître la responsabilité prennent de l'ampleur, parce que l'on comprend mieux le coût politique, économique et social de la corruption.
S’il est difficile de chiffrer les coûts de la corruption de par la nature même des pratiques en cause, il est clair que, compte tenu du niveau des enjeux, les économies ne peuvent se permettre d’en supporter le poids, surtout dans les pays en développement. 
En termes de coûts directs, la corruption entraîne des pertes financières énormes pour l’Etat, la réalisation d’achats ou de projets non prioritaires, voire totalement inutiles, le renchérissement des prix et la baisse de la qualité des services publics. 
En termes de coûts indirects, la corruption provoque la fuite des investisseurs étrangers, crée des distorsions dans le fonctionnement de l’économie de marché et porte un préjudice socioéconomique aux entreprises compétitives. Elle a un impact négatif sur le cadre et la qualité de vie (architecture, services publics, santé, etc.), sur les ressources humaines où la «confiance» prévaut sur la compétence et peut générer un climat de risque où les responsables intègres sont parfois menacés de violence.
Si les méfaits de la corruption ont longtemps été sous-estimés, voire ignorés, pour diverses raisons plus ou moins avouables — absence de mesures empiriques fiables, logique de la guerre froide faisant de la corruption un moyen des deux grands blocs pour s’allier les pays en développement, etc. –, ils sont depuis les années 1990 largement reconnus : pauvreté, retards de développement, dérèglement politique et atteinte à la démocratie, généralisation de la criminalité organisée et de trafics en tous genres… Les tentacules de la corruption s’étendent dans chacune des sphères de la vie publique et privée, rendant la production des biens publics de base (santé, nourriture, démocratie…) impossible dans la plupart des pays en développement. L’Algérie n’échappe pas à ce constat, malgré les importantes recettes issues de ses ressources naturelles qu’elle engrange chaque année. 
L’Algérie, pays riche et peuple pauvre ? Le coût de la corruption pour les Algériens est très élevé : Etat déliquescent, terrorisme sempiternellement  «résiduel», pouvoir rentier, économie en faillite, pauvreté et marginalisation de masse, taux de chômage trop élevé, administration publique gangrenée et obsolète, etc. Le combat contre la corruption n’est pas l’apanage des pays industrialisés. Les  pays en développement sont de plus en plus nombreux à exprimer leur volonté de lutter contre ce problème, faisant écho aux initiatives internationales comme la Convention des Nations unies de 2003 contre la corruption. Les efforts déployés peuvent paraître réels mais les avancées concrètes restent encore faibles. 
La répression de la corruption n’est qu’un volet de la lutte contre la corruption. Cette dernière est affaire avant tout de volonté politique, d’objectifs clairs et de stratégie nationale à définir : ce n’est pas encore le cas en Algérie. La réduction de la corruption permet le développement économique mais doit aussi s’appuyer sur ce développement même. Il appartient donc à l’Algérie de définir en fonction de sa trajectoire historique sa stratégie propre qui permettra d’amorcer un cercle vertueux favorisant développement et amélioration de la gouvernance. 
Ratifier les conventions internationales (Nations unies et Union africaine) est une étape nécessaire mais non suffisante pour essayer de définir cette stratégie. L’Algérie a-t-elle réussi la transposition de ces conventions en droit interne ? Non, ce que reconnaît implicitement l’actuel gouvernement qui a inscrit dans son agenda la révision qualitative de la loi du 20 février 2006 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption. Mais pourquoi avoir programmé cette révision après la modification de la Constitution ?
Djilali Hadjadj

 

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