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Corruption

L’INDICE DE PERCEPTION DE LA CORRUPTION 2018 MONTRE QUE LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION EST AU POINT MORT DANS LA PLUPART DES PAYS Une analyse fait ressortir que la corruption est un facteur de la crise mondiale de la démocratie

Publié par Djilali Hadjadj
le 04.02.2019 , 11h00
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L’Indice de perception de la corruption (IPC) 2018, publié le mardi 29 janvier 2019 par l’ONG Transparency International, révèle que l’incapacité chronique de la plupart des pays à contrôler efficacement la corruption est un facteur qui contribue à la crise de la démocratie dans le monde.

D’après Patricia Moreira, directrice générale de Transparency International : «Alors que de nombreuses institutions démocratiques sont menacées à travers le monde — souvent par des dirigeants qui s’inscrivent dans une tendance autoritaire ou populiste —, nous devons redoubler d’efforts pour renforcer les freins et contrepoids et protéger les droits des citoyens. La corruption effrite la démocratie et produit un cercle vicieux en sapant les institutions démocratiques. En effet, plus ces institutions sont faibles, moins elles sont en mesure de contrôler la corruption.» L’IPC 2018 s’appuie sur 13 enquêtes et évaluations d’experts pour mesurer la corruption du secteur public dans 180 pays et territoires, en attribuant à chacun un score allant de zéro (fortement corrompu) à 100 (très peu corrompu). 

Points marquants 
Plus des deux tiers des pays ont un score inférieur à 50, le score moyen se situant seulement à 43. Depuis 2012, seuls 20 pays, dont l’Estonie et la Côte d’Ivoire, ont considérablement amélioré leur score, et 16 ont sensiblement régressé, parmi lesquels l’Australie, le Chili et Malte. Le Danemark et la Nouvelle-Zélande arrivent en tête de l’Indice avec respectivement 88 et 87 points. 
La Somalie, le Soudan du Sud et la Syrie sont au bas de l’échelle avec 10, 13 et 13 points, respectivement. 
La région ayant obtenu le score le plus élevé est celle de l’Europe occidentale et de l’Union européenne, avec un score moyen de 66, tandis que les régions enregistrant les scores les plus faibles sont l’Afrique (avec une moyenne de 32), l’Europe de l’Est et l’Asie centrale (avec une moyenne de 35).

la corruption et la crise de la démocratie
Une analyse croisée incorporant des données sur la démocratie dans le monde montre qu’un lien existe entre corruption et santé démocratique. Dans l’IPC, les démocraties bien établies obtiennent en moyenne un score de 75 points ; les démocraties imparfaites un score moyen de 49 ; les régimes hybrides — présentant des éléments de tendance autocratique — arrivent à un score de 35 ; et les régimes autocratiques enregistrent les pires résultats, leur score moyen atteignant à peine 30 points. Illustration de cette tendance, les scores de la Hongrie et de la Turquie ont diminué respectivement de huit et neuf points au cours des cinq dernières années. Ces classements reflètent une détérioration de l’État de droit et des institutions démocratiques, ainsi que le rétrécissement rapide de l’espace réservé à la société civile et aux médias indépendants dans ces pays. Généralement, les pays ayant un degré élevé de corruption peuvent être des endroits dangereux pour les opposants politiques. Pratiquement tous les pays où des assassinats politiques sont ordonnés ou tolérés par le gouvernement sont classés comme fortement corrompus dans l’IPC.

Renforcer les institutions  chargées de maintenir l’équilibre des pouvoirs
Avec un score de 71 points, les États-Unis ont perdu quatre points depuis l’année dernière, sortant de la liste des 20 pays en tête de l’IPC pour la première fois depuis 2011. Ce faible score intervient à un moment où des menaces pèsent sur le système de freins et contrepoids des États-Unis, où l’on assiste également à une érosion des normes éthiques dans les plus hautes sphères du pouvoir. 
Le Brésil a également chuté de deux points depuis l’année dernière et enregistre un score de 35, qui est aussi son score le plus bas en sept ans. Parallèlement à ses promesses concernant l’élimination de la corruption, le nouveau président brésilien a clairement affirmé qu’il gouvernerait d’une main de fer, ce qui pourrait remettre en question nombre des acquis démocratiques dans ce pays. 
D’après Delia Ferreira Rubio, présidente de  Transparency International  : «Notre étude établit un lien évident entre démocratie saine et lutte efficace contre la corruption dans le secteur public. La corruption a beaucoup plus de chances de prospérer là où les fondements démocratiques sont faibles et, comme nous l’avons observé dans de nombreux pays, là où les politiciens populistes, peu démocrates, peuvent en abuser à leur avantage.» Pour progresser réellement dans la lutte contre la corruption et consolider la démocratie dans le monde,  Transparency International  appelle tous les gouvernements à : renforcer les institutions chargées de maintenir l’équilibre des pouvoirs, notamment les freins et contrepoids au pouvoir politique, et veiller à ce qu’elles puissent fonctionner sans subir de pressions ;
Combler les écarts au niveau de la mise en œuvre de la législation, des pratiques et de l’application des normes destinées à la lutte contre la corruption ; soutenir les organisations de la société civile qui sont un relais en matière politique et assurent un suivi des dépenses publiques, en particulier au niveau local ; soutenir les médias libres et indépendants et garantir la sécurité des journalistes de telle sorte qu’ils puissent travailler sans faire l’objet d’intimidations ni de harcèlement.
L’analyse croisée de l’IPC 2018 liée à la crise mondiale de la démocratie intègre des données de l’Indice de démocratie de «l’Economist Intelligence Unit», de l’Indice de la liberté dans le monde de Freedom House et du Rapport annuel sur la démocratie de Varieties of Democracy  (V-Dem).
Synthèse par Djilali Hadjadj
Pour consulter les résultats, visitez le site : www.transparency.org/cpi2018


Indicateur de la corruption dans le secteur public
Depuis sa création en 1995, l’Indice de perception de la corruption (IPC), produit de recherche phare de Transparency International, est devenu le principal indicateur mondial de la corruption dans le secteur public. 
Chaque année, l’IPC donne un aperçu du degré relatif de la corruption mondiale en classant l’ensemble des pays et territoires. L’IPC note et classe les pays/territoires en fonction du degré de corruption présent dans le secteur public d’un pays, tel qu’il est perçu par les experts et les chefs d’entreprise. Il s’agit d’un indice composite, une combinaison de 13 enquêtes et évaluations de la corruption, rassemblées par une variété d’institutions réputées et  indépendantes, spécialisées dans l’analyse de la gouvernance et du climat des affaires. 
Les sources d’information utilisées pour l’IPC 2018 reposent sur des données publiées au cours des deux années précédentes. 
En 2012, Transparency International a revu la méthodologie utilisée dans l’élaboration de l’Indice afin de permettre la comparaison des scores d’une année à l’autre. Pour de plus amples informations, visiter le site www.transparency.org/research/c

L’Algérie encore très mal classée
Le score et le classement de l’Algérie dans l’IPC 2018 est de 3,5 sur 10 et la  105e place (3,3 sur 10 et la 112e place dans l’IPC 2017). 
Le Maroc et la Tunisie sont mieux logés et ex aequo : 4,3 sur 10 et la 73e place. L’Algérie est classée à la 10e place dans le groupe des pays arabes et à la 18e place en Afrique. 
Pour rappel, l’Algérie avait obtenu dans l’IPC 2017 le score de 3,3 sur 10 et la 112e place ; en 2016, la note de 3,4 sur 10 et la 108e place (sur 178 pays classés) ; en 2015, la note de 3,6 sur 10 et la 88e place ; en 2014, la note de 3,6 et la 100e place ; en 2013, la note de 3,6 sur 10 et la 94e place ; en 2012 : 3,4 sur 10 et la 105e place ; en 2011, la note catastrophique de 2,9 sur 10, la même que celle de 2010 et la 112e place, reculant de 7 places par rapport au classement de 2011 

 

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