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Culture

Musique Du Jdid chez Acid Arab

Publié par R.C
le 16.10.2019 , 11h00
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«Il y a une transe commune dans les musiques arabes et dans la techno, les deux se sont apportées naturellement», expose Hervé Carvalho, qui forme avec Guido Minisky le duo originel, devenu quintet-laboratoire avec Nicolas Borne, Pierrot Casanova et Kenzi Bourras, ex-clavier de Rachid Taha.
«Les deux cultures se rencontrent, s'aiment, merci d'être là et merci du résultat.» Voilà comment Acid Arab présente à l'AFP son deuxième album, Jdid, envoûtant télescopage de la techno de club et des musiques orientales. «Il y a une transe commune dans les musiques arabes et dans la techno, les deux se sont apportées naturellement», expose Hervé Carvalho, qui forme avec Guido Minisky le duo originel, devenu quintet-laboratoire avec Nicolas Borne, Pierrot Casanova et Kenzi Bourras, ex-clavier de Rachid Taha.
Jdid, qui sort le 18 octobre, veut simplement dire «nouveau» en arabe. Nouvel album et nouvelle ligne directrice. «Avant on fantasmait la musique arabe, on la jouait, mais ce n'était pas dans les clous ; cette fois, on a laissé la main à ceux et celles qui savent vraiment faire ça, c'est ça qui est plus clair», indique Pierrot Casanova. L'album regorge donc de collaborations et le groupe fait attention désormais à ne plus heurter la sensibilité de certains publics, comme à une époque où ils samplaient des appels à la prière dans des morceaux techno. «A la fin d'une soirée, des jeunes qui avaient dansé devant nous sont venus nous dire, calmement : ‘‘Il ne faut pas faire ça, ce n'est pas cool, si ma mère entend ça...’’ Tu réfléchis et tu te dis que c'est comme taguer une église. Or, on n'est pas là pour faire de la provoc', on est là pour le métissage, mélanger les cultures», décortique Guido Minisky.
Acid Arab a construit Jdid avec la double volonté d'avoir un son «plus direct, épuré», détaille Hervé Carvalho, tout en accueillant des guests dans sa «house». Chaque collaboration a son histoire. Comme celles des trois chanteuses de raï algériennes au générique, avec Kenzi Bourras dans le rôle du facilitateur : il est parti à Sétif en studio avec Radia Menel, qui pose sur Staïfia (fille de Sétif) sa voix en mode «un peu berbère, chaoui», comme il le décrit. «Elle a été facile à convaincre, elle a chanté ce qu'elle voulait, déjà, et nous on a bien aimé», raconte Kenzi Bourras. Il a aussi écrit le texte de Malek ya zahri, chantée par Cheikha Hadjla, qui vit à Paris et se produit dans les cabarets, pour des mariages, des fêtes et autres soirées. C'est un titre sur «l'absence, le manque, quelqu'un qui n'est pas là», qu'on peut traduire par «Ma chance est partie», comme le disent Guido Minisky et Kenzi Bourras. Pour Nassibi (Destinée), Amel Wahby est venue «un peu à la manière d'un MC en studio, sur un coin de table, pour une sorte d'incantation», se souvient Hervé Carvalho, en «freetsyle», complète Guido Minisky. Il y a aussi un côté bricoleur-fou chez Acid Arab. Electrique Yarghol, morceau percutant «très club», souffle Hervé Carvalho, intègre un double hautbois traditionnel palestinien. Le morceau Rajel est aussi un bel assemblage. Le Tunisien Ammar 808 a envoyé un fichier son «et on a gardé que son groove de basse, on l'a samplé, on a rajouté tout le reste, boucles et synthés, et on lui a renvoyé», dévoile Pierrot Casanova.
«Il était d'abord assez étonné, on lui a dit ‘‘mais du coup, tu es gêné !’’ Mais non, ça lui a carrément plu, ça l'a amené ailleurs. C'est la synthèse de cet album, chacun s'y retrouve, on les emmène ailleurs et eux aussi nous emmènent ailleurs», dit-il. Un voyage auquel ont aussi participé Les Filles de Illighadad, trois chanteuses touarègues du Sahara nigérien. «On a organisé un concert à Paris, elles sont venues, avec leur guitariste, Ahmoudou Madassane.» Résultat, le titre «Soulan» (doucement, dans un dialecte du Niger) et une «superrencontre», se réjouit Guido Minisky. Prochaine date en France pour écouter leur transe, les Transmusicales à Rennes le 7 décembre.

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