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Culture

Musique Jacques Revaux, l'homme derrière Comme d'habitude (My way)

Publié par R.C
le 16.11.2019 , 11h00
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«Je n'ai même pas une photo avec Frank Sinatra», rigole Jacques Revaux, à l'origine de Comme d'habitude, popularisé en France par Claude François et devenu My way, tube mondial dans la voix du crooner américain, il y a 50 ans, en 1969. La première mouture s'appelle For me, dans un «anglais yaourt à moi», expose Jacques Revaux, 79 ans, rencontré par l'AFP dans un palace parisien. Elle date de 1967, il a 27 ans, compositeur prolifique, méconnu du grand public. Dans un dîner, Hugues Aufray lui dit : «Putain ! c'est bien, mais c'est pas pour moi.» 
  D'autres ne donnent pas suite : Petula Clark, Dalida et... Claude François. En vacances, Revaux croise «Cloclo» sur la Croisette, à Cannes. «On mange ensemble, il me dit ‘‘tu fais toujours tes merdes pour tout le monde mais pas pour moi’’ (rires). Un avion passe dans le ciel avec une publicité-calicot ‘‘Plante un arbre’’, chanson que j'ai faite pour Richard Anthony...» 
 Revaux évoque For me, «Cloclo» assure que c'est son entourage qui l'a retoquée, pas lui. Tournant chez le chanteur à succès à l'été : «Au bord de la piscine, il me dit ‘‘alors tu vas me la jouer ta merde ?’’ (rires).» «Mais Claude ne me prend pas la guitare pour la finir, non», précise Revaux, contrairement à ce que l'on voit dans le film Cloclo sur la vie de Claude François. «Je lui ai montré la musique, j'ai repris le premier refrain (musical) que Hugues Aufray avait entendu, c'est lui qui me l'a rappelé, heureusement que j'ai un témoin.» 
Enregistrement en studio. Revaux reçoit un coup de fil de son éditeur : «Claude voudrait être sur tous les titres, il n'est pas sur celle-là, ça t'ennuie d'être avec lui à la musique ?» «J'ai dit ‘‘oui’’... On ne sait pas ce qu'on fait à l'époque...» «Compositeur : Claude François, Jacques Revaux. Auteur : Gilles Thibaut (pour le texte, ndlr)», lit-on dans le répertoire des œuvres de la Sacem. «Je ne regrette pas, mon seul regret c'est que j'ai disparu (pour le grand public) de la signature, Claude — paix à ses cendres — comme toutes les vedettes a dit ‘‘j'ai fait’’», déplore-t-il. Même s'il reconnaît que le «sirupeux» d'origine a été «musclé» par «Cloclo», qui «chante formidablement». A la fin de 1967, Paul Anka est à Paris et voit Claude François à la télé. Il prend une option sur l'œuvre, la réécrit — les paroles françaises évoquent un couple qui se délite, la version américaine un crépuscule de vie — et la propose au producteur de Sinatra. 
«Sinatra l'enregistre (fin 1968), la légende dit en une seule prise, les plumiers — les violons — se sont levés et ont tapé là, sur le bord (de leur instrument, il mime le geste, ndlr), ça m'a été redit par Nancy Sinatra», fille du chanteur, raconte Revaux. Sortie en 1969 et succès fulgurant. «Si ça avait été une simple traduction de Comme d'habitude, cette chanson n'aurait pas eu 1% de sa carrière, merci Monsieur Paul Anka.» Première écoute ? «La satisfaction, c'est Sinatra, mais je passe à autre chose, honte sur moi (rires)», confie Revaux. Aujourd'hui, il savoure. «Je n'ai jamais autant apprécié que ces toutes dernières années, là on fête le 50e anniversaire de My way... 50 balais quand même...» Sinatra fait partie de ces stars qui ont «un monde à leur pied, qu'on n'approche pas». 
La fois où Revaux est tout près, c'est une «remise de médaille à l'hôtel de ville de Paris : je vous le dis, mais je n'ai pas de preuve, je n'ai même pas une photo avec Sinatra (rires)». Et que pense-t-il de la version de Sid Vicious, fameux bassiste des Sex Pistols ? «Ce n'est pas la même chanson (rires), mais il l'a adaptée à sa personnalité, alors que beaucoup l'ont reprise dans le même tempo.» Les reprises furent innombrables d'Elvis Presley à Robbie Williams. Sa préférée ? «Nina Simone, c'est la plus belle ‘‘re-création’’.» 

 

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