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Culture

Rap Roméo Elvis : «J'ai un pouvoir sur scène»

Publié par R.C
le 16.11.2019 , 11h00
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«Je sais que j'ai un pouvoir sur scène», le rappeur belge Roméo Elvis, actuellement en tournée, a façonné son approche des concerts en regardant son père, chanteur : «même si les gens ne te connaissent pas, il faut qu'ils dansent à la fin.» 
En décembre 2016, il passe aux Bars en Trans, l'antichambre des transmusicales de Rennes, festival défricheur, sous l'œil des professionnels. Dans ce cadre exigu, la bête de scène est déjà là, torse nu, et va au contact du public, micro en mains. 
«C'est un souvenir fou, un moment charnière, comme vous dites en France, se souvient pour l'AFP le grand échalas de 26 ans. On savait qu'il fallait tout casser. J'en suis aussi fier que l'Olympia, c'est aussi une institution pour la scène : ‘’Toi aussi t'es passé devant les pros dans un petit bar à Rennes, c'est bon.’’ C'est un des brevets.» D'où lui vient cette envie de mordre dans le live, qu'il joue aujourd'hui dans un Zenith ou comme à l'époque devant 50 personnes ? «J'ai appris à faire ça à la maison, c'est comme ça que mon père (le chanteur belge Marka, ndlr) m'a fait grandir, expose-t-il de sa voix caverneuse. Il arrivait comme ça, en disant : ‘‘Même si les gens ne te connaissent pas, il faut qu'ils dansent à la fin’’.» «Ce truc-là je l'ai gardé et ça a fini par être ma force.» Beaucoup d'artistes, même confirmés, ont la boule au ventre avant de monter sur scène. Et lui ? «Je ne veux pas me la raconter, mais j'ai du mal à me souvenir quand le stress me bouffait avant la scène. Faire un album, un clip, avoir des retours, ça, ça me stresse. Même si un jour ma musique n'est pas folle, le show sera là, en toute modestie. Je ne me prends pas pour quelqu'un d'autre, mais je sais que j'ai un pouvoir sur scène.» Il y a pourtant une scène où le frère d'Angèle n'a pas fait le malin, du moins pendant «les premières minutes». 
Un concert particulier, «en prison, à Louvain», en Belgique. «Au début, je me disais, ‘‘ils vont me frapper, m'égorger, je vais passer pour un imposteur’’, je me sentais trop nul, j'avais des pensées comme des météorites dans la tête». Mais, «dès que ça leur a parlé, ils étaient à fond dedans». «Je me suis rendu compte que j'étais trop parano — j'avais fumé avant (de l'herbe, ndlr) pour me détendre et ce n'était pas une bonne idée (rires) — alors qu'en fait j'étais juste là pour divertir des gens». Il se prend au jeu, un prisonnier fait un aigle avec ses mains sur sa poitrine, il imite le geste machinalement. «Le gardien est venu me dire après, ‘‘ça, c'est le signe des Albanais, tu es considéré maintenant comme leur copain’’ (rires).»
 Il a gardé des images fortes de cette expérience. «On est rentrés dans la cour et je me suis senti comme dans Prison Break», comme s'il avait entendu autour de lui murmurer : «Le nouveau qui arrive, il a fait quoi ? (rires)». «J'ai parlé avec un ou deux incarcérés, ils veulent tirer un maximum d'informations avec toi — ‘‘Et le tram 80, il est toujours comme ça ?’’ — ils essaient de se souvenir du dehors. C'est le concert qui m'a apporté le plus, j'ai donné des trucs à des gens, je suis ressorti la tête pleine.» 
  Le public, ailleurs, lui renvoie aussi des émotions fortes. «La semaine passée, j'ai joué En silence, morceau en hommage à deux amis décédés, c'était la première fois et les gens ont compris, ils ont allumé leurs briquets et téléphones, sans que je le leur demande, c'était spontané. Il y a de la magie là où toi tu ne l'avais pas prévue.» 

 

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