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Culture

Le livre le désordre colonial, l’Algérie à l’épreuve de la colonisation de peuplement de Hosni Kitouni La colonisation de peuplement en Algérie sous la loupe

Publié par Bouhali Mohammed-Cherif
le 08.11.2018 , 11h00
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Le  chercheur en histoire Hosni Kitouni vient de publier un nouvel ouvrage sous le titre : le désordre colonial, l’Algérie à l’épreuve de la colonisation de peuplement aux éditions Casbah dans lequel il va à contre-courant de certaines thèses simplistes de certains historiens concernant la question coloniale  qui  demeure ,56 ans après l’indépendance de notre pays, l’un des sujets les plus abordés par de nombreux historiens et auteurs des deux rives de la Méditerranée. 
Contrairement  à de nombreux écrits qui ont focalisé sur la période 1954-1962 disant l’histoire militaire, l’auteur de la kabylie orientale dans l’histoire a  abordé la période du début de la colonisation qui constitue une question complexe à cause d’un certain nombre de facteurs dont entre autres l’abondance des ouvrages essentiellement écrits par des auteurs français notamment, les carnets des expéditions, l’interprétation des faits, ce qui a cimenté une structure de perception de cette  phase cruciale  justifiant le système colonisateur négationniste. 
Ainsi, en vue de détruire un certain nombre de dogmes de l’école coloniale en histoire, Hosni Kitouni, avec une lucidité rarissime chez de nombreux historiens issus de l’école nationale, a décrit ce désordre colonial montrant que la colonisation n’est pas une idée nouvelle civilisatrice mais un désordre total qui a tout emporté avec lui : repères, structures culturelles, valeurs sociales, coutumes, dépossession foncière, déplacement forcée et déportations des populations, et la liste des brimades est longue. 
Contrairement au discours victimaire de certains auteurs et historiens  nationaux, l’auteur, en chercheur méticuleux, s’attache à apporter les preuves à travers cet ouvrage qui apporte un nouveau éclairage sur une phase importante de notre histoire et celle de la colonisation avec ses crimes abominables. Dans le premier chapitre, il passe sous la loupe la littérature des années 1830 en vue de dévoiler le discours  qui sera par la suite  le dogme chez les décideurs de l’entreprise colonialiste en Algérie. 
A contre-courant de certaines approches qui essaient vainement de dédouaner l’élite coloniale d’alors concernant la question coloniale, Kitouni, sans y aller par quatre chemins, a confirmé que d’éminents économistes étaient les adeptes de la colonisation afin de créer une colonie de peuplement dans notre pays  en vue de déverser une partie de la population française dont la confiscation des terres des Algériens par la violence demeurera le seul moyen pour un régime coloniale négationniste. 
L’auteur de la Kabylie orientale a posé dans cette partie une question principale : la France  avait-elle les moyens pour réaliser cette colonisation de peuplement  et est-ce que l’Algérie ressemblait à l’Amérique et à l’Australie qui ont subi cette forme de colonisation ? En exposant les avis  des uns et des autres au sein de l’establishment  français d’alors. Mais la farouche résistance des autochtones à travers les révoltes populaires, notamment celle de l’Emir Abdelkader, a mis fin à ces divergences entre certains acteur politiques de l’époque et contredit «ce mythe». 
La deuxième partie du livre a comporté une pertinente analyse de Hosni Kitouni sur les dessous et les coulisses de la guerre coloniale et le processus  «de pacification» initié par Bugeaud et les seigneurs de la guerre dont l’objectif était de soumettre les paysans. Une option qui puise ses idées dans la doctrine coloniale «civilisatrice» basée sur la  destruction systématique : village, culture, repères, symboles, s’emparer de leur bétail et faire main basse sur leurs ressources en vue de les appauvrir et les asservir, a souligné l’auteur. Si l’autochtone affichait une résistance, il fallait l’abattre physiquement. 
C’est ainsi que la guerre débouchait sur des exterminations dont les enfumades de Ouled Riah, dans la région de Mostaganem, et autres massacres. Dans les 3e et 4e parties, le chercheur Hosni Kitouni a abordé aussi  le séquestre et les dépossessions foncière en vertu du  sénatus-consulte de 1865 qui ont ruiné l’économie de montagne et démoli la structure tribale.
A cet effet, il a mis en lumière ce processus dans la région de Djidjelli  (actuellement Jijel) pour la création de nouveaux centres coloniaux de Duquesne (actuellement Kaous), Strasbourg (actuellement Emir-Abdelkader) et Taher en reconstituant le passé de ces villages et faire la lumière sur comment 1 000 personnes ont été chassées de leurs terres et réparties sur les régions de Oued Zenati, Ferdjoua, Mila. C’est un désordre colonial total, a précisé l’auteur. Il a également mis au jour le séquestre dans la région de Jemmapes  (actuellement Azzaba), de Collo et d’el-Milia qui a dépouillé ces tribus de leurs terres et qui les a réduites à la misère absolue. 
En somme, le livre le désordre colonial, l’Algérie à l’épreuve de la colonisation de peuplement préfacé par William Gallois, professeur agrégé d’histoire du moyen-orient et de la méditerranée à l’institut des études arabes et islamiques de l’université d’Exeter (Anglettre), constitue un nouveau regard sur la question coloniale avec son lot de déportations, de massacres collectifs et de confiscations des terres des autochtones qui ont su défendre «l’honneur de la tribu» face à un régime colonialiste négationniste dont la devise était l’extermination de la dimension humaine chez l’homme. Aux mordus de l’histoire, bonne lecture.
Bouhali Mohammed Cherif

 

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