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Culture

Théâtre Le kyogen japonais à la conquête des Algériens

Publié par R.C
le 07.11.2018 , 11h00
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La pièce de théâtre Kobu Uri (Le vendeur de  laminaires), tirée du registre «kyogen», forme comique du théâtre japonais  traditionnel, a été présentée dimanche soir à Alger, devant un public relativement nombreux.
Accueilli à la salle Ibn-Zeydoun de l’Office Riadh El-Feth  (Oref), Kobu Uri, spectacle d’une quarantaine de minutes, créé pendant la dictature militaire des «Shôgun Tokugawa» (1603-1867), illustre l’attitude  moqueuse et insolente de la plèbe  envers les «Daimyos» (membres de  l’aristocratie militaire féodale du Japon qui avait alors régné du IXe jusqu’à la fin du XVIIIe siècle). 
Dans le strict respect du texte et de la mise en scène originels, Tadashi Ogasawara dans le rôle du «Daïmyo» et son fils Hiroaki dans celui du jeune «vendeur de laminaires» (algues marines), vont, sur une  scène nue et un éclairage standard, se donner la réplique dans des échanges  directs, à la diction délibérément grotesque, entretenus dans la langue japonaise, avec un sous-titrage en français. 
Montrant l’utilité du «rire libérateur menant au bonheur», selon la  tradition japonaise, assumée par le genre comique kyogen, le spectacle a permis une «subversion des valeurs» et une «inversion momentanée de la hiérarchie sociale». 
Daïmyo, grand guerrier, se retrouvant sans serviteur pour lui porter son  sabre, décide de se rendre seul au Festival de Kyoto. Sur son chemin, il fait la rencontre d’un jeune vendeur de laminaires,  auquel il propose de l’accompagner, lui confiant le statut de l’un de ses  serviteurs pour lui permettre, ensuite, de porter son sabre. 
Embarrassé au départ, le vendeur de laminaires a fini par accepter,  subissant les injonctions répétées de son «nouveau maître». Ne pouvant plus supporter, le jeune vendeur se sentant plus fort car en possession du sabre, se retournera  contre son maître lui ordonnant de lui vendre ses algues en chantant, puis en dansant. 
Dans des accoutrements traditionnels (kimonos), le père et le fils, menant la trame dans une gestuelle lente, avec deux éventails comme accessoires, ont séduit l’assistance qui s’est difficilement adaptée à la pièce au départ, avant de prendre du plaisir à la suivre par la suite, en présence  du ministre de la Culture Azzedine Mihoubi et de l’ambassadeur du Japon en  Algérie, Kazuya Ogawa. 
Art du rire, le théâtre kyogen, «créé il y a 650 ans», selon Tadashi  Ogasawara,  constitue, avec les drames traditionnels représentés dans le «théâtre du No», apparus bien après, un duo inséparable qui a donné lieu à  un théâtre d’une grande richesse, désigné au Japon sous l’appellation  générique de «Nôgaku», inscrit en 2008 sur la liste du patrimoine  immatériel de l’Organisation internationale pour l’éducation, la science et la culture (Unesco). La pièce de théâtre Kobu Uri, programmée à la salle Ibn Zeydoun, les 3 et 4 novembre, a été organisé par l’ambassade du Japon en Algérie, en collaboration avec l’Oref.

 

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