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Culture

Ouled Hlal, série phare du Ramadhan 2019 Le téléspectateur renoue avec la qualité

Publié par Sarah Haidar
le 14.05.2019 , 11h00
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Parmi les dizaines de productions télévisuelles des différentes chaînes privées et publiques, les téléspectateurs algériens se disent majoritairement séduits par la série Ouled Hlal diffusée chaque soir sur Echourouk TV. 
Avec Abdelkader Djeriou et Youcef Sehairi dans les rôles principaux, la série a capté une large audience dès le premier épisode diffusé le 6 mai dernier au premier jour du ramadhan. 
Ouled Hlal commence à la manière des bons feuilletons à rebondissements avec comme contexte le vieux quartier oranais du Derb. Merzak (Djeriou) et Zino (Sehairi) sont deux frères orphelins venus d’Alger et installés depuis un an dans cette espèce de Far-Ouest moderne où règnent à la fois la pauvreté, la rapine et la solidarité. Seuls au monde et extrêmement attachés l’un à l’autre, Merzak et Salim vivent eux-mêmes de combines et de larcins mais à la différence des petits barons du quartier, ils incarnent une sorte de bandits d’honneur avec un certain nombre de principes, notamment ne jamais s’attaquer aux pauvres ni aux femmes et cibler uniquement les corrompus et les puissants. 
Réalisée par Nasreddine Sehili et écrit par Rafika Boudjeddi sur une idée originale de Aymen Djouadi, la série déploie une mosaïque de personnages hauts en couleur, allant du grand baron maffieux brillamment interprété par Mustapha Laribi, au petit naïf du quartier (Mohamed Khassani), en passant par la jeune fille ambitieuse et matérialiste rêvant de quitter le quartier (Souhila Maâlem) et le vieux fou mystérieux qui sillonne le Derb avec sa charrette… 
Au-delà du mystère qui entoure les deux personnages principaux et leur quête d’une sœur perdue, les fans sont séduits par une grande qualité d’écriture qui distingue Ouled Hlal  des autres productions télévisuelles cuvée 2019. 
En effet, le scénario à la fois fluide et corsé maintient le spectateur en haleine tandis que la mise en scène convainc par son efficacité malgré un certain nombre de fioritures esthétisantes et une image excessivement léchée. Ce dispositif à la fois simple et captivant se trouve, par ailleurs, considérablement renforcé par un casting redoutable : Abdelkader Djeriou, enfant du théâtre de Sidi Bel Abbès qui a également brillé au cinéma, ne déçoit pas avec une interprétation juste et nuancée ; Youcef Sehairi qui incarne avec succès le bad boy au cœur d’or ; Haïfaâ Rahim, d’abord consacrée par Alhan wa chabab pour ses talents de chanteuse puis révélée par cette série comme une actrice plus que convaincante ; Imen Nawal, qui a déjà crevé le grand écran dans le film Jusqu’à la fin des temps de yasmine Chouikh ; Souhila Maâlem, révélée en 2007 dans Mascarades de Lyès Salem et toujours égale à son jeu espiègle et léger ; Abdallah Djellab, également issu du théâtre de Bel Abbès et connu pour son registre aussi riche qu’hétéroclite…  
On regrettera néanmoins un certain déséquilibre entre des rôles masculins extrêmement nuancés et complexifiés et des personnages féminins assez  caricaturés, évoquant même parfois les poncifs misogynes (épouse consultant une voyante pour envoûter son mari ; belle-mère et belle-fille forcément méchantes ; jeune fille matérialiste et cherchant un époux riche ; coiffeuse stéréotypée ; femmes limitées intellectuellement et « naturellement » vouées aux seconds rôles, etc.). 
A sept épisodes seulement, Ouled Hlal  est donnée par beaucoup comme la meilleure série de ce ramadhan 2019. Les commentaires élogieux et enthousiastes affluent sur les réseaux sociaux et Youtube et les quelque 12 millions de spectateurs sur la plateforme vidéo se disent heureux de découvrir une télévision qui respecte l’intelligence du public et offre à la fois de la qualité, de l’art populaire et des personnages «qui nous ressemblent». 
S. H. 

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