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Culture

Posticha présentée au public Les limites de la méthode Rezzak

Publié par Sarah Haidar
le 12.01.2022 , 11h00
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La dernière pièce d’Ahmed Rezzak Posticha a fait le plein au TNA durant trois jours. Copieusement applaudi, ce spectacle réunissant près de deux-cents comédiens peine cependant à convaincre. 
L’appel a été lancé fin 2021 pour une pièce théâtrale « pas comme les autres ». Ahmed Rezzak conviait sur les réseaux sociaux artistes et citoyens à contribuer au montage de Posticha, une comédie sociale qui réunira 200 comédiens, amateurs et célébrités confondus, une trentaine de danseurs dirigés notamment par le chorégraphe Slimane Habès, quatre musiciens, ainsi que sept assistants à la mise en scène. 
Tout part d’une histoire banale d’un éclairage public cassé dans un quartier urbain. Le problème mue progressivement en crise, en campagne de délation, en arrestations et en conflits frôlant la guerre civile. Le tout ponctué d’humour, de tableaux de danse et de clins d’œil à la situation politique et sociale en Algérie. 
Accompagnée par le Théâtre national algérien ainsi que plusieurs théâtres régionaux, Posticha, dont les entrées seront reversées aux enfants cancéreux, fait le buzz avant sa sortie et draine des centaines de spectateurs pendant les trois jours de sa représentation au TNA. 
Le secret de Rezzak pour attirer les foules ? D’abord, une communication astucieuse en amont du spectacle ; puis, une recette connue depuis quelques années qui semble contenter le plus grand nombre, à base de tragicomédie, satire politique et légèreté formelle.
Dans Posticha, le défi se corse avec cette volonté de réunir une équipe (très) nombreuse et faire jouer notamment deux cents comédiens. Ces derniers se relayeront sur scène pour jouer différents personnages d’une histoire parabolique tantôt racontée sous forme de situations burlesques, tantôt tournée vers la tragédie ou la satire politique. 
Malheureusement, ce dispositif montrera très vite ses limites, essentiellement en raison de l’absence d’une vision artistique globale. On se retrouve en effet, à défaut d’une mise en scène, face à une mise en espace d’un récit souvent qui s’embourbe souvent dans le discours direct, le pathos ou l’humour facile. 
Le théâtre de Rezzak devient alors prévisible, très peu fouillé et quasiment paresseux quant au souci formel tant il est plutôt question d’une succession de sketchs et de tableaux chorégraphiques (lesquels relèvent d’avantage de l’esthétisme gratuit que d’une réelle pertinence dramaturgique), d’une surenchère gênante tant dans l’humour que dans le drame et d’un espace scénique encombré et bavard où la mise en scène est aussi rare que la subtilité. 
S. H.

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