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Culture

ÉDITION Pluies d'orde Mohamed Sari traduit en tamazight

Publié par R.C
le 22.09.2018 , 11h00
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Une traduction vers le tamazight du roman Pluies d'or de l'écrivain et traducteur Mohamed Sari a été publié récemment sous le titre «Igefran n Wuregh», une œuvre traduite par Habib Allah Mansouri. Pluies d’or, qui avait reçu le prix «Escale littéraire d’Alger» en 2016, paru aux éditions Chihab, a été coédité, dans sa version tamazight par le Haut-Commissariat à l'amazighité (HCA) et les éditions Chihab. Pluies d’or explore les causes de la violence dans la société algérienne actuelle, à travers plusieurs histoires et à différentes époques ayant balisé les grands bouleversements sociétaux. A travers El Mahdi, principal personnage du roman, l’auteur se lance dans la recherche des sources de la violence chez ce jeune imam autoproclamé, semant à la fin des années 1980 la terreur extrémiste dans son village, aidé de ses adeptes, «Les compagnons de la chamelle », pour asseoir son «autorité » au moyen d’une purge religieuse. Enfant battu, rejeté par son père — également très violent avec son épouse — El Mahdi a vécu dans les rues et mausolées du village, rongé par le doute sur l’identité de son père biologique. El Mahdi ira jusqu'à défier les sages et l’imam du village en occupant, par la force, le minbar de la mosquée, dans une tentative de faire régner la «loi islamique» selon sa propre interprétation de la religion. Assurés de l’impunité, «Les compagnons de la chamelle» se mettront ainsi à brûler postes de télévision et de radio, instruments de musique et arracher les antennes «paradiaboliques», semant la terreur et le doute parmi les villageois malgré la réaction musclée d’anciens combattants de la guerre de libération, poussés à bout par ces «redresseurs de torts». Autour du destin d’El Mahdi, se greffent d’autres récits comme celui de son père, Cheikh M'barek, un charlatan «fécondateur de femmes stériles », croyant dans son délire détenir le pouvoir de ressusciter les morts, du moudjahid Amar Kerrouche — «signant des attestations d’ancien combattant à qui flatte son ego» — ou encore l’histoire du commerçant Djilali Boulahbal «descendu en ville prendre sa part du butin» après l’indépendance. L’auteur fera croiser ces destins une génération plus tard pour dépeindre une époque où les jeunes deviennent extrémistes, victimes eux-mêmes de l’extrémisme ou, plus simplement, candidats à l’exil, en quête d’une vie meilleure ailleurs. Entre fiction et réalité, Mohamed Sari restitue une atmosphère empreinte d’une violence extrême, faite de «descentes» opérées par «Les compagnons de la chamelle » dans les maisons closes et les cités universitaires, et l’ignorance de ces derniers dans leur quête de miracle et d’un «tunnel magique menant à La Mecque». Né en 1958 à Cherchell, Mohamed Sari est professeur d’université et traducteur de grands écrivains algériens à l’instar de Assia Djebar, Yasmina Khadra, Mohammed Dib, Anouar Benmalek, Malika Mokaddem. Il est l’auteur de romans en arabe et en français, notamment La tumeur, La carte magique ou encore La pluie, et d’essais sur la critique littéraire.

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