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Culture

Cuba Sauvegarder La Habana Vieja: un défi porté par l'État et le peuple

Publié par APS
le 21.02.2019 , 11h00
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Au nord de la capitale cubaine, La Havane, et donnant sur les plages des Caraïbes aux couleurs enivrantes, «La Habana Vieja» ou La Vieille Havane s'offre aux visiteurs comme une métropole ancestrale qui respire la culture avec des monuments, remontant au 16e siècle.  
Classée patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco en 1982, La Habana Vieja demeure parmi ces villes antiques ayant su préserver leur harmonie urbaine, leur tissu social et leur esprit culturel, et ce, grâce à un intérêt direct de l'Etat et une implication de la population dans le développement socioculturel, faisant de cette ville, aux yeux des touristes, un musée à ciel ouvert rayonnant avec ses habitants innovants et ses monuments fascinants.  
L'architecture néoclassique et gothique de la Habana Vieja rappelle à ses visiteurs la période de la colonisation espagnole. La ville regorge, en effet, de monuments remontant à cette période, à l'instar de La Plaza de armas de 1520 (Place d'armes), le Castillo de la Real Fuerza 1577 (Palais de la Force Royale) ou encore la Fortaleza de la Cabana de 1774 (Forteresse de la Cabane) qui accueille chaque année «La foire internationale du livre de La Havane». 
Le célèbre Bar de La Floredita de 1817 est encore parmi les sites incontournables pour les férus de la culture cubaine, un endroit fréquenté par l'écrivain américain Ernest Hemingway qui a séjourné à La Havane au début des années 30 du siècle passé. 
Visiter La Habana Vieja ne peut se faire sans pour autant flâner sur Paseo del Prado de 1772 (le boulevard du Prado), un lieu de rencontre pour les artistes havanais, et une avenue permettant de découvrir les différentes ruelles et petits musées à l'instar de la Casa Africa (Maison de l'Afrique) abritant régulièrement des expositions artistiques des pays subsahariens, ou encore la Casa del Arabe (Maison arabe) reflétant le patrimoine culturel émanant de lointains pays arabes.
Afin de «semer l'esprit artistique» chez les enfants des cités populaires, les musées accueillent les petits dans des classes scolaires lorsque leurs écoles connaissent des opérations de maintien. 
Eparpillés ça et là, les kiosques de Habano (cigare cubain) enjolivent davantage La Habana Vieja où les touristes peuvent encore s'offrir des balades à bord de vieilles voitures américaines «Ford» et «Chevrolet».  
Ma ville «respire de culture» dit l'artiste peintre, Ivan Hernandez Hidalgo (45 ans), affirmant que «grâce à un marché interne fortement soutenu par le tourisme, un nombre important d'artistes peintres comptent sur leurs œuvres pour gagner leur pain». 
Qualifiant la situation de l'artiste de «bonne», M. Hernandez affirme que «l'Etat aide les artistes peintres à travers l'exposition de leurs collections dans les établissements de culture, de même qu'il encourage les novices en leur ouvrant des galeries d'art». 
Trempant sa plume dans «la sève et la cendre» (mélange d'extrait végétal et de cendre de cigare) pour faire naître sous ses doigts des collections régulièrement exposées dans des salons organisés aux Etats-Unis, cet artiste juge que les Cubains sont «des férus des arts, une envie qu'ils acquièrent dès leur jeune âge dans les écoles et les différents établissements culturels».  
Mme Valdéz, bouquiniste, dit avoir ouvert sa librairie dans son propre domicile depuis très longtemps, et être «heureuse» d'accomplir une telle mission et d'entretenir un contact quotidien avec les touristes venus des quatre coins du monde.  
Cette ville aux ruelles étroites et aux bâtisses ne dépassant généralement pas les 4 étages, a enchanté nombre de célébrités de par le monde à l'instar de l'écrivain Hemingway, qui tombé amoureux de son charme, y a écrit son célèbre roman Pour qui sonne le glas ou encore Le vieil homme et la mer qui lui a valu en 1954, le prix Nobel de littérature. 
S'étendant sur une superficie de 200 hectares, la Vieille Havane compte plus de 3 000 immeubles «dont la majorité sont en bon état», et quelque 100 000 habitants sur les 2 millions de Havanais, selon les chiffres fournis par les autorités locales.  
Depuis quelques années déjà, Cuba s'est érigée en destination touristique mondiale dans les Caraïbes, et plus particulièrement La Havana Vieja qui attire, à elle seule, environ 2 millions de touristes sur les 4 millions de visiteurs du pays chaque année. Le secteur du tourisme constitue, ainsi, une des principales ressources de Cuba, soit 10% du produit intérieur brut (PIB), contribuant ainsi à la création de 500 000 postes d'emploi. 
 
Redonner à La Habana Vieja
son éclat : une décision politique de Castro
Force est de constater que plusieurs vieilles bâtisses de la Habana Vieja, appartenant majoritairement aux biens de l'Etat, menacent de tomber en  
ruine au fil du temps, ou sont exposées au changement de l'aspect extérieur dû notamment aux facteurs naturels (ouragans et cyclones) qu'a connus le pays durant les années 1980 du siècle dernier. Cependant, l'intérêt de l'Etat et l'implication des habitants ont permis la sauvegarde de la ville et la préservation de son aspect de métropole ancestrale. 
Une grande harmonie est constatée dans cette vieille ville entre l'attachement de l'Etat cubain, d'une part, à sa protection à travers la mise en application des textes de lois en la matière, et la participation des habitants, de l'autre, aux différentes activités socioculturelles, touristiques et économiques. 
La politique cubaine insiste, de ce fait, sur la sauvegarde de La Habana Vieja en consacrant le principe de «non-relogement de ses habitants».  
En effet, suite aux travaux de maintenance entamés par «Le Bureau de l'Historien de la Ville de La Havane» créé en 1938, le gouvernement cubain a commencé à accorder son intérêt à cette ville en 1967. La protection de cette vieille ville fut constitutionnalisée par la suite en 1976, avant d'être enregistrée comme patrimoine national en 1978. 
Conférant à l'Oficina del Historiador plus de prérogatives à travers l'exploitation des biens et des immeubles dans le cadre des activités économiques et touristiques, la décision de 1993 constitue un texte de loi phare dans le processus de sauvegarde de cette vieille ville, en sus des taxes imposées aux commerçants et locataires de chambres et d'appartements touristiques destinées au maintien de cette citadelle. 
C'est ainsi que le Bureau de l'Historien a commencé en 1993 à «se prendre en charge financièrement» à travers les revenus des visites aux musées et aux différents centres culturels, d'autant que «la majorité des touristes préfère la destination de La Habana Vieja». Pour ce faire, la «Habaguanex», une corporation relevant de la Oficina del Historiador, a pour mission d'attirer les touristes vers la vieille ville, en proposant des activités culturelles et diverses prestations touristiques, notamment des hôtels, des cafés, des restaurants et des marchés. 
Le Bureau se charge également du «recrutement» des habitants de la ville dans les différents centres administratifs et touristiques, et «encourage» toutes initiatives socioculturelles, touristiques et économiques. Pour tirer profit de plus d'expériences internationales en matière de restauration et d'hôtellerie, le Bureau de l'Historien travaille en collaboration avec l'Unesco. Le premier responsable du Bureau de l'Historien de la Ville de La Habana, Eusebio Leal Spengler, qui est également un historien éminent de la région, avoue que la reconsidération de La Habana Vieja revenait à la «décision politique de l'ancien président Fidel Castro, pour qui l'implication des habitants de La Vieille Havane à travers leur insertion dans la vie socioculturelle, constitue la base de la sauvegarde de ce patrimoine».  
APS

 

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