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Culture

«BOULEVARD DE LA GUILLOTINE» - UN OUVRAGE DE CHÉRIF ABDEDAÏM Sur les traces des déportés algériens en Nouvelle Calédonie !

Publié par Abdelmadjid M’haïmoud
le 17.06.2019 , 11h00
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«Boulevard de la guillotine» un ouvrage en langue française qui traite de la tragédie des déportés algériens en Nouvelle-Calédonie, vient de paraître aux éditions Dar El Wassit, fruit d’un long et sérieux travail de recherche effectué par notre ami et confrère Chérif Abdedaïm, un auteur prolifique qui compte à son actif huit - ouvrages, entre romans historiques et recueils de poèmes.
Dans «Boulevard de la guillotine », l’auteur remonte à l’origine de ce drame humain à travers un cas précis, Brahim Ben Mansour et 212 autres insurgés parmi ces concitoyens «indigènes», condamnés par le tribunal de Constantine, en 1873, à différentes sentences, peine de mort, de bagne et autres réclusions, qui pour incendie volontaire, pillage, envahissement de domaines privés, destruction d’édifices, vol ou carrément pour assassinat et autres meurtres avec préméditation, lors d’un pseudo-procès où les motifs politiques furent occultés ! «Regroupés maladroitement selon un principe géographique, certains étaient poursuivis pour des crimes où ils n’étaient pas présents, mais qui s’étaient déroulés dans leur localité d’origine ou parce qu’ils appartenaient à telle ou telle tribu incriminée.» De là commence la galère, le drame, la souffrance et le déracinement pour Brahim et ses compagnons qui entrèrent dans un monde fait de cellules et de cachot, de pas sur les dalles sonores, de grincement de serrures et des portes qui claquaient, c’était à la prison de la Casbah à Constantine ! De longs mois s’écoulèrent, beaucoup parmi les condamnés ont été exécutés et Brahim comparut de nouveau devant le conseil de guerre qui a accepté de réduire la peine de mort à une condamnation à perpétuité et aux travaux forcés, chose que Brahim a réfutée préférant la première sentence mais hélas ! Puis ce fut le bagne de Toulon et toutes les péripéties avant le grand départ, sans retour, vers la Nouvelle-Calédonie ! Un roman historique poignant, un récit émouvant qui permet de dépoussiérer, un tant soit peu, un pan de l’histoire de ces Algériens oubliés et dont le déchirement se fait encore sentir, à travers leurs descendants qui s’accrochent à ce brin de cordon ombilical qui les lie à la terre de leurs ancêtres, malheureusement ! Un livre de 214 pages et 20 chapitres, racontant la souffrance et la tragédie de ces Algériens arrachés à leurs familles, à leurs racines, humiliés, condamnés, emprisonnés, torturés et déportés vers des bagnes puis vers des terres lointaines, pour être abandonnés à leur sort et à leur destin ! «Ce n’est pas tant la classification des formes de déportation qui compte le plus aujourd’hui, mais plutôt la misère, la souffrance et le mépris infligés à ces victimes. Les déportés algériens et arabes en Nouvelle – Calédonie, méritaient-ils autant de souffrance et d’acharnement ? A travers son «Boulevard de la guillotine», Chérif Abdedaïm revisite cette tragédie. Une histoire qui dévoile le visage hideux de ceux qui, au nom du peuple français, traitaient ceux qui résistaient à l’injustice et à l’oppression, ces «pacifistes» qui n’avaient cessé de prêcher les bienfaits de la colonisation dont la base, le corps et la fin de leurs théories préconçues, dans la guerre contre les Arabes étaient : tuer, tuer, tuer», estimait l’historien Louis-José Brabançon.
Abdelmadjid M’haimoud

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