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Le nouvel album de Mohand Agharmiw dans les bacs

Turac nni : nostalgie et odes au romantisme de la jeunesse

Mohand Agharmiw revient avec Turac nni (ces chansons-là), le titre du nouvel opus qu’il vient de réaliser et qui est dans les bacs depuis le début de cet été. 
Album d’un éclectisme assumé tant sur le plan musical que des choix rythmiques et instrumentaux, Turac nni est une compilation d’expériences existentielles et intimistes, avec des mots qui se veulent un regard sur le monde et une société en constante évolution. Pudique et réservé, et à presque 60 ans — il est né le 28 octobre 1961, au village Agharmiw, fraction des Aït-Brahem, dans la région d’Ath Ouaguenoun —, cet ingénieur en informatique (développeur de logiciels de gestion) qui dit faire de la chanson presque par dilettantisme (quatre albums pour une carrière débutée en 1984) ne veut rien dévoiler de lui et préfère se réfugier derrière le regard de l’artiste qui chante la vie, tantôt en rose, tantôt en gris et qui préfère dire le monde il va mal et, par fois, comme il va bien. «‘’Je’’ est un autre» réplique-t-il à notre question de savoir si les récits et les bouts d’histoires contenus dans ses textes chantés sont le miroir de sa propre réalité et de son vécu. «Je chante pour transmettre des messages», se plaît à dire Mohand Agharmiw qu’on peut plutôt définir comme un conteur d’histoires, une sorte d’aède qui puise ses mots dans son vécu et un imaginaire façonné par tout ce qui le fascine, l’angoisse où suscitent ses espérances et ses colères. L’amour, les préoccupations sociétales et l’inévitable revendication identitaire amazighe constituent la thématique de ce nouvel album d’une dizaine de titres dont deux instrumentaux. 
Ses compositions musicales sont la quintessence et le reflet d’un profil et d’une personnalité artistique qui est la somme des influences artistiques et musicales qui l’ont imprégné et nourri, une sensibilité qui, dira-t-il, «s’est forgée au gré du temps et de mes apprentissages et des mélodies qui m’ont bercé depuis ma tendre jeunesse». Une sorte d’apprentissage sentimentale où se retrouveront, pêle-mêle, des rythmes et des mélodies et la vision du monde d’un parcours dans la vie qui veut résister à la patine du temps. D’où, sans doute, le titre de ce nouvel album, Turac nni (Ces chansons-là) qui sont une ode, un clin d’œil ému et nostalgique à une certaine époque bercée par le romantisme d’une jeunesse «folle», insouciante et pleine de rêves. 
S. A. M. 

Turac nni (Ces chansons-là) Mohand Agharmiw, El Vaz Edition.